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mardi, janvier 11 2011

« Zombillénium T1 » - Arthur de Pins - Dupuis

Ecouter aussi ma chronique la radio dans l'émission « Supplément week-end » du samedi 18 décembre 2010.

Le parc d'attraction Zombillénium n'est pas très original : trains fantômes, spectacles de chorégraphies à la « Thriller », momies, vampires, maisons hantées par des squelettes, etc. L'originalité, c'est que les créatures sont d'authentiques morts vivants, employés pour l'éternité dans un parc tenu par la poigne de fer de Francis Von Bloodt.

Aton, la momie, ne rêve que de retourner sous le soleil d'Egypte, surtout depuis qu'il est relégué à la simple vente de barbes à papa. Mais alors qu'il est ramené en voiture par son boss et le squelette Jefferson (autrefois militant pacifiste noir), les trois loustics renversent Aurélien, un jeune cocu paumé en plein braquage de bistrot. Que faire de ce cadavre tout chaud, future nouvelle recrue ? Un vampire ? Un loup-garou ? On lui demandera son avis après !

Si vous aimez le style d'Arthur De Pins (« Les péchés mignons ») en rendu vectoriel (des bonnes bouilles de personnages entièrement réalisés en numérique, dans un style de lignes pures générées sur le logiciel Illustrator), vous ne serez pas dépaysés par le graphisme de cet album. Le découpage des cases est basique (le plus souvent, des carrés se succèdent sur deux colonnes), mais la narration n'a pas besoin de planches déstructurées. Le rendu vectoriel est assez particulier pour une BD, et même si sur certains décors, le visuel peut paraître froid ou donner une impression de vide, l'ensemble ne manque pas de punch.

Le nouveau-venu Aurélien et la mystérieuse stagiaire Gretchen éclipsent un peu les autres personnages, mais le bestiaire fantastique de ce parc en grande difficulté économique (Zombillénium est même dépassé en nombre d'entrées par ... Vulcania) promet des perspectives décapantes pour les prochains tomes.

mardi, janvier 4 2011

« Freaks’ Squeele T3 : Le tango de la mort » Par Florent Maudoux, Ankama Editions


L’heure est à l’entraînement intense pour nos étudiants à la Fac des héros. En prévision d’un combat surmédiatisé, Chance, Ombre, et Xiong Mao partent se fortifier dans un album aux vapeurs torrides.

Étudiants à la Faculté d’Études Académiques des Héros, Ombre, Xiong Mao et Chance découvrent sur le tard que leur école est une université de "méchants". Au cours de la cérémonie de présentation des projets de conquête du monde par la FEAH, les étudiants de la prestigieuse école de St Ange interviennent pour mettre un terme à ce plan d’envergure, sous les regards des médias tous acquis à la cause de l’institution adverse.

Afin de départager les deux écoles, un combat de champions est organisé : Chance affrontera Ange dans un duel à l’épée. Xiong Mao part donc forger la lame de Chance dans un lieu mystérieux coupé de tout, accompagnée d’Ombre, chargé de chasser le gibier.

La saga « Freaks’ Squeele » continue de surprendre à la fois par la maîtrise graphique de son auteur, et son ton faussement parodique, mais surtout en jouant intelligemment avec des références invitées dans le plus profond respect et ne tombant jamais dans la farce. Florent Maudoux ne se contente jamais des superficialités et travaille la substance du matériau afin de livrer une histoire épique et véritablement surprenante. A chaque flirt avec l’ultra-référence et le fan service, ses albums retournent le lecteur dans des demi-tours bienvenus et néanmoins terriblement fun.

Dans ce « Tango de la mort », Maudoux lance sa série sur les traces des longues séquences d’apprentissage propres aux films d’arts martiaux et aux shonen mangas : les héros se séparent, et en bavent dans des coins reculés, hostiles, ou sous l’égide d’une autorité bienveillante. Ainsi apparaît une nouvelle technique, une nouvelle arme fatale, qui propulse les protagonistes au stade suivant et les autorise à se confronter à des ennemis encore plus puissants. Mais il s’agit aussi d’une temporisation du récit destiné à faire monter la sauce avant d’envoyer la baston lors de l’épisode suivant. L’auteur en profite donc pour s’attarder sur le personnage de Xiong Mao, plus belle que jamais, et la tension sexuelle trouble qui la lie au bestial Ombre. De son côté, Chance se rapproche elle aussi d’une figure animale : son maître défiguré.

Eros et Thanatos font donc bon ménage, et cela donne pour l’instant le meilleur album de la série. Délaissant les golems, Maudoux exploite désormais en profondeur le thème de l’apprentissage : renforcement de la personnalité, (re-)naissance, affirmation sentimentale et physique.

Alors que l'album « Freaks' Squeele T3 » est nominé pour le Prix 2011 ActuaBD/Conseil Général des Jeunes de Charente, voici sur ActuaBD une interview (par Da Scritch et moi-même) de son jeune auteur lyonnais Florent Maudoux, déjà diffusée dans l'émission « Supplément week-end » du samedi 1er mai 2010.

lundi, décembre 20 2010

« Milady de Winter T1 » - Par Agnès Maupré - Ankama Editions


Ecouter aussi ma chronique radio dans l'émission « Supplément week-end » du samedi 6 novembre 2010.

Un nouvel éclairage en noir et blanc sur la célèbre garce créée par Alexandre Dumas : un portrait de femme blessée entre coucheries, politique, et vengeance.

Suite à un amour interdit avec un prêtre, Milady de Winter a été marquée au fer de la fleur de Lys de l’infâmie. Pendue et laissée pour morte par son comte de mari, elle se réfugie dans la pluvieuse Angleterre, suicidaire. Profitant de l’attraction que la belle exerce sur les hommes, et des coups du sort qui s’abattent sur elle, le Cardinal de Richelieu met la main sur cette proie de choix et en fait sa meilleure espionne.

Les ferrets de la Reine, le Duc de Buckingham, Constance Bonacieu et les Mousquetaires, n’ayez pas peur, vous les retrouverez dans cette revisitation à l’encre d’Alexandre Dumas. Mais n’attendez pas des combats, auberges retournées, et amitiés viriles. Ici, il est surtout question de duellistes sans cervelle, relégués au second plan par une poignée de femmes se brûlant les ailes sur un échiquier politique définitivement masculin.

Animal blessé victime de son physique, attirant les hommes par sa beauté mais souillée à jamais par une faute passée, Milady déchaîne les passions à son insu, navigant dans une faune peuplée d’êtres faibles et de monstres sans pitié. Emergeant, le Cardinal est le seul à la considérer à sa juste valeur, mais à défaut de la voir comme un fantasme ambulant, il en fait un pion aussi manipulable que redoutable.

En feuilletant l’album, on peut facilement être déçu par le trait d’apparence simpliste d’Agnès Maupré. Mais en plongeant dans ce portait de Milady, on constate toute l’efficacité du dessin d’une artiste qui cite Reiser comme référence. La nervosité de la plume est mise en valeur par un encrage utilisant les nuances de gris pour retranscrire les drapés. L’auteur étale aussi la puissance de ses noirs pour planter les atmosphères des passages marquants de la vie de Milady.

Ce premier tome des aventures de Milady de Winter se révèle très surprenant, privilégiant les moments creux des autres adaptations pour se concentrer sur le quotidien d’une femme victime de son corps. Sa relation avec son fils, son rapprochement de Constance, et ses retrouvailles avec son ancien mari (dont les amateurs de Dumas connaissent l’identité) promettent d’intéressantes perspectives pour la suite.

mercredi, décembre 1 2010

Toulouse Game Show 2010

Comme promis, voici mes photos prises pendant la dernière édition du Toulouse Game Show ce week-end. On y voit surtout des cosplayeurs, avec toujours trois tendances : jamanimation/manga/jeu vidéo, SF, et un peu de gothiques/lolitas pop.

Ici, déguisé en Sonic, le patron de l'entreprise Phonitive, dont je parlais déjà ici :

Quelques photos de l'exposition consacrée à Square Enix, dont le vice-président Shinji Hashimoto était présent au salon :

Un visuel pour le nouveau « Final Fantasy » :

Da Scritch dans l'espace VIP :

Notre camarade Solarus, cadreur de l'une des deux équipes vidéo envoyées sur place par le Supplément week-end :

Une partie de l'équipe du jeu « The tower of Druaga » :

Mr. Jack !

Du « Bleach » :

Inuyasha :

Le dieu de la mort Ryuk de « Death Note » :

Spider-Man sur le stand Gibert Joseph :

Rrrr...

Toujours Solarus, avec Kelly, élue "plus beau sourire de Toulouse" par Monsieur Kurtzman de la Flander's !

Sasuke de « Naruto » :

Encore du « Naruto » :

Great Saiyaman de « DBZ » :

Une libre interprétation de Hyoga et Shiryu de « St Seiya » :

Le panda vainqueur de Da Scritch au jeu Dance Dance Revolution :

La collection de cellulos consacrée aux animes d'après Tsukasa Hojo :


L'inoxydable Bobba Fett de « Star Wars » :

Un pilote de chasseur TIE (« Star Wars ») :

Le même en plan serré :

Gloire à l'Empire !

J'te surveille du coin de l'oeil !

Un voyageur de portes des étoiles :

Des jolies demoiselles :


Prise en flagrant délit de maquillage :

La mariée/Beatrix Kido/Black Mamba de « Kill Bill » :

La toujours hyper photographiée Lara Croft :

De la confiture de framboise :

Le grand derrière : Hitman.

Un casque de "Predator mécanique" :

Le même au naturel :

La classe, Sub-Zero (« Mortal Kombat ») :

dimanche, novembre 28 2010

Retour aux affaires

Traditionnellement, un blogueur qui ne publie plus sur son site depuis des lustres, écrit un billet pour annoncer son retour. Loin de faire dans l'originalité, je vous livre donc ici mon petit texte. Quelques bouleversements dans ma vie, une grosse commande professionnelle, et une nouvelle activité dont je vous parlerai ici prochainement (et oui, j'exerce à présent le plus beau métier du monde), ont retardé l'écriture des dits billets.

Pour fêter cela, je publierai dans les prochaines heures mon traditionnel compte-rendu en images du Toulouse Game Show, le temps de mettre mes photos en formes. Mais comme un bonheur (hum hum...) n'arrive jamais seul, pour cette édition 2010, le « Supplément week-end » s'est doté de grands moyens : nous n'avons pu assurer d'émission (nous n'avons pas le don d'ubiquité) en direct du salon, mais pas moins de deux équipes vidéo ont enregistré des sujets que nous vous proposerons en HD !

En tout cas, merci de continuer de jeter un oeil par ici, je ne vous oublie pas. A très plus !

vendredi, novembre 12 2010

« Savior » - Par Benjamin Studio - Xiao Pan


Ecouter aussi ma chronique radio dans l'émission « Supplément week-end » du samedi 25 septembre 2010.

La guerre, l’errance, l’amour et la mort. Des thématiques mélancoliques pour un recueil de trois courtes histoires, par le maître de la tablette graphique Benjamin.

Dans "The Guitar From Heaven", un ange déchu joue de la guitare pour sauver des humains transformés en morts-vivants. Le segment "War" voit un jeune soldat prêt à tout par devoir envers sa patrie. Et enfin, dans la troisième histoire "Little Girl", un soldat (encore) à lunettes se souvient d’un amour adolescent pour une fille au chien-loup.

Trois histoires, trois personnages paumés, engagés dans un combat vain ne leur permettant pas de trouver leur place dans le monde. À la recherche d’un amour inaccessible, ces jeunes gens se brûlent (parfois littéralement) les ailes, perdus dans des champs de bataille respirant la mort, ou dans des villes déshumanisées.

Jeunesse en perdition, idéaux féminins vaporeux, errances entre rêve et réalité, nous retrouvons ici les thématiques chères à l’auteur de Remember. Cette fois, Benjamin, s’il signe seul le scénario de ces trois histoires, se fait par aider par Li Ming sur le dessin, tandis que le trio Zhang Peng/Yan Zhuo et Pan Shuo assure la création des décors. Dans la préface écrite par Li Ming, on sent bien la volonté de Benjamin de ré-intervenir sur ses images encore et encore, ce qui rend plutôt élastique sa répartition du travail avec ses différents collaborateurs.

Explorant encore les possibilités graphiques de la tablette numérique associée aux logiciels Photoshop et Painter, Benjamin continue de nous étonner par son utilisation de couleurs plutôt inhabituellement saturées dans la colorisation BD : les touches de violet, rouge, rose, jaune et vert cohabitent dans une explosion d’expressivité, laissant place à un dernier segment bleuté à la sobriété bienvenue.

Les dernières pages de l’album sont un recueil de textes de l’artiste, accompagnant quelques-unes de ses créations et notamment les coulisses de la réalisation d’un clip de la chanteuse Jena Lee qui a utilisé ses images conçues spécialement pour l’occasion.

lundi, novembre 8 2010

« Tortuga T1 » - Par Viozat et Brivet - Ankama Editions


Ecouter aussi ma chronique radio dans l'émission « Supplément week-end » du samedi 25 septembre 2010.

Qui, des Espagnols ou de la Flibuste, règnera sur l’île de la tortue ? Retrouvez de l’occulte, de la piraterie et des intrigues d’état dans le premier tome d’une saga d’aventure aux Caraïbes.

En 1664, sur Tortuga, l’invincible Ankou, chef de la Flibuste, perd la vie dans un combat contre l’Espagnol Valverde. Deux ans plus tard, les capitaines français se sont tous exilés, laissant leurs derniers hommes pochetronner sur un bateau en miettes. Mais un négociant en pierres précieuses, Eric Gorsen, "le Nantais", débarque sur l’île et se montre bien trop curieux pour Valverde, le nouveau gouverneur de l’île...

L’ombre de l’inévitable Jack Sparrow et son Black Pearl plane bien sûr sur ce premier tome de la série flibustière « Tortuga ». Bateaux mystérieux, équipages saoulés au rhum, vieux filous et traîtres à la patte de bois, belle aristocrate, et dimension fantastique composent un cocktail pas très original mais toujours apprécié par les amateurs de duels sur le pont des navires sur fond de soleil couchant dans une baie paradisiaque.

Pour l’instant, l’intrigue se veut basique et nous permet surtout de faire connaissance avec ces personnages peu recommandables, comme avec cet univers mêlant forces occultes et épopée d’aventure. Car si la référence « Pirates des Caraïbes » saute aux yeux, c’est également du côté de Mike Mignola qu’il faut chercher.

Le scénario de Sébastien Viozat, qui s’amusait déjà avec les codes des films de zombies dans « Ma vie de zombie » et « Avec les morts », saupoudre son récit historique d’une dose de "menace latente d’outre-monde véhiculée par son anti-héros investi d’un pouvoir mine de rien assez terrifiant". On s’attendrait presque à voir débarquer des eaux Abe Sapiens, apportant sa science à une tripotée de marins alcooliques trop imbibés pour l’écouter.

Le dessin d’Antoine Brivet assume d’ailleurs complètement cette parenté avec l’univers du papa d’Hellboy, avec ses héros aux yeux vitreux émergeant de faciès à moitié plongés dans la pénombre. Encore loin de la perfection épurée et anguleuse du graphisme de Mignola, et malgré certaines hésitations dans les scènes de foules dans des atmosphères "normales", Brivet montre qu’il manie lui aussi la densité des noirs (les premières planches d’introduction sont magnifiques) pour suggérer en quelques taches un pouvoir diabolique menaçant à tout moment de s’abattre sur des duellistes jouant avec le feu.

jeudi, septembre 16 2010

« Le trop grand vide d’Alphonse Tabouret » - Par Sibylline, Capucine, Jérôme D’Aviau - Ankama Editions


Ecouter aussi ma chronique radio dans l'émission « Supplément week-end » du samedi 25 septembre 2010.

Un conte en noir et blanc pour petits et grands, avec des êtres à la recherche d’un quelque chose souvent tapi chez un inconnu, rencontré à la croisée des sentiers.

Un petit machin né de la dernière pluie et nommé Alphonse s’éveille dans la forêt, sous les yeux d’un monsieur géant qui, après lui avoir appris les bases indispensables, lui demande un cadeau. En attendant, le monsieur s’en va, et voilà le petit Alphonse livré à lui-même dans une forêt qu’il ne connaît pas. Il fera la connaissance d’un très bon ami dans une flaque, un être frisé mais creux, une grande demoiselle caractérielle, ou encore une flammèche qui fait "chrouph !". Au fil de ses rencontres, il prend conscience de ce qu’il recherche.

Le scénario de Sibylline s’adresse aux petits comme aux grands : les plus jeunes seront sensibles aux créatures singulières et aux drôles de déambulations d’Alphonse, quand les adultes s’attacheront à l’universalité de l’histoire : être à l’écoute des autres tout en cherchant ce qui nous manque. En quête de complémentarité ou de ses origines, chaque personnage est en mesure de combler son prochain ou d’évoluer en s’entourant.

Accompagnés de la belle écriture de Capucine, les dessins au trait (uniquement du noir et du blanc) de Jérôme D’Aviau voient cohabiter une efficacité de l’épure mettant en valeur certains détails décalés ou des exagérations de proportions faussement enfantines. Par exemple, les bras en fil de fer d’Alphonse n’ont jamais la même taille, selon qu’il court, qu’il soulève des objets, ou qu’il enlace un ami. Au fil des aventures de cette petite chose, la composition des planches alterne entre illustrations en pleine page (ces noirs et blancs ont une telle force que la plupart mériteraient de figurer dans une galerie) et narrations plus détaillées découpées en strips.

Les déambulations d’un Alphonse démultiplié, dans un décor vu à la verticale rappellent les aventures vidéo-ludiques old school d’un « Zelda ». Mais surtout, les visuels de cet album ne sont jamais aussi forts que lorsqu’ils sont les plus concis, lorsque l’anecdotique s’efface au profit de grandes zones noires hachurées.

Paru chez Ankama dans la collection Étincelle, « Le trop grand vide d’Alphonse Tabouret », si les pages se tournent vite, se découvre plutôt sans se presser, demandant que l’on s’immerge un minimum dans cet univers pour notamment en apprécier les jeux de mots et tournures de phrase joueuses.

lundi, septembre 13 2010

« Dieux a les boules ! T2 » - Par Steven Lejeune - Ankama Editions

La suite des mésaventures totalement barrées de Dieu : un OVNI déjanté se déroulant à Tahiti, avec des aliens, des zombies contrôlés par des insectes, et des sauts dans le temps.

Ne vous fiez pas aux apparences : cette pin-up qui fume un joint dans son salon en cramant un rat, c’est Dieu en personne. Mais suite à une catastrophe dont elle n’a aucun souvenir, Dieu a perdu sa vieille âme et se retrouve employée d’une supérette miteuse emprisonnée dans le corps d’un vieux débri. Décidée à démêler le pourquoi du comment, elle se trouve confrontée à une invasion d’aliens et une prise de pouvoir par des insectes dopés aux super-pouvoirs divins.

Et si, à la recherche de son passé et en quête de ses pouvoirs, Dieu retrouvait finalement une part d’humanité en s’attachant aux gens ?

Lorsque je vous avais parlé du tome 1, j'étais sceptique quant à la direction que prenait le récit de Steven Lejeune : du grand n’importe quoi saupoudré d’une légère dose de prétention ? Ou une déconstruction narrative apportant justement un chaos généralisé plutôt rafraîchissant, reflétant le gros bazar régnant sur le monde maintenant que Dieu est hors service ? À la lecture du tome 2, c’est plutôt cette dernière impression positive qui prédomine : au départ plutôt antipathique, Dieu se révèle finalement attendrissant dans son corps de vieille, à la rue, affamée, dans la détresse la plus totale.

Le scénario se révèle toujours aussi inventif. Par exemple, Dieu prend souvent le lecteur en apparté, de haut bien sûr (c’est Dieu après tout), reconnaissant le côté aguicheur de son apparence de bimbo sur la couverture mensongère de l’album, interrompant ses tirades en faisant attention à ne pas trop dévoiler la suite de l’intrigue, etc. Les moustiques belliqueux et leur langage phonétique sont toujours aussi pénibles à lire, et les nombreux gags liés aux différentes créatures bizarres (et il y en a quelques-unes) promettent de bons moments de lecture.

« Dieux a les boules ! » est une série à suivre, dont le graphisme varié (alternant pages en couleur et pages en noir et blanc, celles-ci au trait hachuré ou en dégradé plus lisse) est aussi percutant que son scénario. Plus que conseillé.

lundi, juillet 26 2010

« Kick-Ass »

Un film de Matthew Vaughn, avec Nicolas Cage, Mark Strong, Aaron Johnson, Chloe Moretz.

Dave est un geek passionné de comics. Contrairement à ses congénères, il décide de passer à l'acte et se crée une identité de justicier masqué : Kick-Ass. Mais sa première sortie costumée le propulse à l'hôpital dans un état critique. Loin de se décourager, le deuxième essai est le bon : il devient une star suite à une vidéo de son combat postée sur Youtube. Mais la gloire ne va pas sans les ennuis et les ennemis des pourfendeurs du crime. Heureusement, il n'est pas seul, une héroïne de 9 ans et son père veillent au grain.

Ce film de Matthew Vaughn a été développé parallèlement au comic book dessiné par John Romita Jr. et scénarisé par Mark Millar, dont la fin n'avait pas encore été écrite lorsque le tournage du métrage a commencé. Véritable oeuvre hommage aux comics, l'histoire se passe dans notre monde, le jeune Dave est fan de la série « Scrubs », regrette de rater la fin de « Lost » quand il est aux portes de la mort, et fantasme sur sa prof poumonée.

Le parallèle avec Peter Parker est assez évident, et les allusions plus ou moins directes au photographe new-yorkais sont nombreuses. Mélange savoureux entre film de lycéens aux préoccupations geekesques, et grandes chorégraphies d'action à effets spéciaux, « Kick-Ass » joue sur les deux tableaux sans nous épargner de nombreuses scènes gores (dont un personnage brûlé vif au cours d'une séquence magnifique mais éprouvante). Le comics jouait déjà sur ce double registre, où les pleines pages sanguinolentes cohabitaient avec le ton décalé des voix off de Dave, loser devenu par hasard super-héros médiatique.

On préfèrera la 1ère partie de l'histoire, plus drôle, plus décalée, plus centrée sur un Dave maladroit mais attachant, entre deux scènes dans la mafia new-yorkaises et un Mark Strong excellent, à une 2ème moitié plus bourrine, violente et quelque part plus déjà vue (malgré une  bande-son survoltée bien utilisée). Quelques mots pour finir sur Hit Girl, la petite machine à tuer de 9 ans : filmé par des mains moins expertes, cela aurait pu donner un cocktail indigeste "gamine énervante/bourrinage kitsch/festival vomitif schumacheresque", mais ce personnage est la pierre angulaire de cette réussite, bien secondé par un Big Daddy batmanesque, immense dans l'impressionnant plan-séquence de dégommages de gorilles dans l'entrepôt et incarné sobrement par un Nicolas Cage attendrissant.

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