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dimanche, février 5 2012

Angoulême 2012 : les photos (1/2)

Le Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême vient de se clôturer, et c'est Jean-Claude Denis qui a été proclamé Grand Prix de la Ville d'Angoulême, par un jury présidé par Art Spiegelman. Le 40ème festival se déroulera donc sous sa présidence. Comme chaque année, afin de vous faire profiter de cette 39ème édition, voici un retour en images sur ce que j'ai vu en Charente.

Mercredi après-midi : les dernières heures de montage des stands (ici, celui de Dargaud) :

Sur le stand d'Ankama, un coffre qui a de l'appétit :

L'entrée de la bulle Comics/Mangas :

Du « One Piece » à l'échelle 1 :

L'entrée de l'exposition sur l'humour dans les mangas. Un voyage à travers les sens : on entre par la bouche, on ressort par... un orifice accompagné d'un rouleau de papier toilette géant :

Le stand Panini et ses auteurs de comics en dédicaces :

Autour des univers de Captain America et Iron Man, une mini-exposition des oeuvres numériques de Ryan Meinerding, tirées sur toiles.

Je prends la pose aux côtés de Cap'. (photo © Da Scritch) :

Mais Tony Stark n'est pas loin (oui, je sais, je le prends en photo tous les ans) :

Commençons les hostilités par une interview de l'artiste taïwanais Chen Uen, avec Da Scritch au micro, et Aho Huang (Dala Publishing) à la traduction :

Mais direction l'espace presse à l'hôtel de ville, où les cartons d'invitation pour des soirées fleurissent :

Mais restons concentrés, nous devons préparer des interviews pour l'émission « Supplément week-end » : ici, le mangaka Atsushi Kaneko (« Bambi », « Soil ») :

Photo © Marie Fabbri :


...puis Francis Groux, co-fondateur du festival :

Baignée de lumière, Aurélia Aurita (« Fraise et Chocolat ») scrute attentivement le programme du festival :

Pour retourner aux "Bulles" des éditeurs, il faut descendre la rue Hergé, ici prise d'assaut par des militaires de Casterman :

Tiens, essayons la Inkling sur le stand Wacom, un ensemble capteur/stylet pour numériser des dessins réalisés sur des carnets.

Plus tard, je rejoins la soirée organisée par la délégation de Corée du Sud à l'espace MangAsie, pour promouvoir leur présence en force l'an prochain, sur le festival. Ici, la performance artistique de l'artiste Suk Jung-hyun.

Tiens, je me fais photographier à mon insu et me retrouve sur le site officiel du festival :

La soirée se termine par un buffet servi par un personnel des plus accueillants :

Mais le lendemain à midi, nous avons une émission radio à animer en direct du Conseil Général de la Charente (tandis que Da Scritch en finit avec les branchements et brandit son calepin de direct, je consulte les dernières infos sur le net et finalise un billet sur le site de notre partenaire ActuaBD) : (Photo © Enflammée)

A notre micro, c'est l'album « Les Mondes de Thorgal - Louve T1 : Raïssa » de Yann et Surzhenko (Le Lombard) qui reçoit le Prix 2012 ActuaBD/Conseil Général des Jeunes de Charente. Le jeune jury a la surprise de voir débarquer le dessinateur de la série originelle « Thorgal » : Grzegorz Rosiniski :

Le Coup de coeur du jury va à l'album « Doomboy » de Tony Sandoval (Editions Paquet), ici au micro, interviewé par l'éditeur adjoint d'ActuaBD, Didier Pasamonik :

Dernier jour et dernier restau. En attendant le plat, dessinons sur les nappes prévues à cet effet (au « Lieu-Dit ») : (Photo © Enflammée)

Je termine donc le séjour angoumoisin par un portrait de l'équipe d'ActuaBD présente sur le festival.

Mais voilà que le Burger Gourmet est arrivé. Bon appétit, et rendez-vous dans le prochain billet pour quelques images des expos. Concernant les interviews, je n'ai pas tout dévoilé, soyez nombreux à nous écouter sur Radio FMR 89.1 mhz à Toulouse, ou en podcast sur le site de l'émission. Et vous pouvez aussi suivre notre actu sur notre page Facebook.

vendredi, novembre 4 2011

« Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne » : un Tintin pas assez sale

Cet article a été publié en "Tribune Libre" sur le site ActuaBD.com

Tout d’abord, rappelons quel procédé a utilisé le réalisateur Steven Spielberg sur le film « Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne » : La technique de "cinéma virtuel" consiste à enregistrer les mouvements des comédiens sur une surface appelée le "Volume". Les mouvements sont ensuite transformés en données directement dans un ordinateur, SANS passer par la case caméra, puisqu’il n’y en a pas encore à ce stade. Le résultat final n’est donc pas un film d’animation, car même si certains éléments du décor (en fait, tout ce qui n’est pas "comédien") sont animés en 3D, les jeux d’acteurs sont le résultat de vrais mouvements enregistrés. Comme il l’a déjà été souligné ailleurs, on peut donc parler de film hybride.

Au final, ce que cherche le metteur en scène n’est pas le photo-réalisme, mais plutôt une liberté totale au niveau de la mise en scène. Car, une fois que les comédiens sont partis, mouvements et voix dans la boîte, le réalisateur peut commencer sa mise en scène et choisir ses valeurs de plans, décider quand couper ou livrer des plans-séquences, où et qui cadrer, créer ses atmosphère de A à Z, etc.

Comme l’ont reproché d’aucuns, le film « Les aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne » nous donne l’impression de nous retrouver dans un jeu vidéo, surtout au moment où la moto tyrolienne entre dans Bagghar à la fin du film. Mais plutôt que de parler de jeu vidéo comme si c’était une insulte, très loin de moi cette idée, c’est surtout de passation de pouvoir entre un Tintin, personnage vulnérable, et un Tintin simple avatar qu’il est question.

Il est vrai qu’on a ainsi l’impression de ne rien craindre pour le personnage principal, notre implication étant refroidie par cette fluidité de mouvement, cette sensation qu’il ne peut rien arriver à Tintin, alors que si on y réfléchit, ce qu’il fait est tout simplement suicidaire (une chute de plusieurs étages, une course contre une inondation au guidon d’un side-car, un saut dans le vide suspendu à un oiseau).

Cette surenchère, si elle témoigne d’une désinhibition totale sur le plan de la créativité, enrichie par une profondeur de champ hallucinante, provoque un sentiment de suspension de l’histoire, qui n’aurait pas le même effet avec des acteurs live car au lieu de sombrer dans un côté vidéo-ludique (tout nous ramène à l’artificialité du personnage), l’action mettrait en valeur la dimension opératique des mouvements des comédiens se déplaçant tels des danseurs (il suffit de se remémorer les descentes en rappel sur les murs des HLM dans le film « Time and Tide » de Tsui Hark, ou le plan séquence dans l’hôpital dans « À toute épreuve » de John Woo, pour citer deux cinéastes de l’apesanteur). (Ci-dessous : une discussion sous tension dans les entrailles du Karaboudjan)

Ainsi, Tintin et Haddock (enfin, moins Haddock, car son penchant pour la bouteille lui donne un surplus d’humanité organique) ne sont plus que marionnettes, jamais fatiguées, passant une partie incroyable du film à démolir tout et n’importe quoi (un mur, un barrage, un avion), échappant aux rafales de balles.

À cet égard, il faut remercier l’équipe du film de nous proposer une première moitié plus traditionnelle, où les balles font mal et les voitures renversent. Le point d’orgue étant le plus beau moment du film selon moi, lorsque Tintin et le capitaine doivent échapper aux sbires d’Alan dans les coursives du Karaboudjan. Alors, certes, cela ressemble à un jeu d’infiltration du type Metal Gear Solid (toujours cette analogie au jeu vidéo dont il est difficile de se débarrasser), ce qui n’est pas un mal car le jeu est un chef-d’œuvre, mais l’ambiance sombre, la claustrophobie ambiante, le roulis du bateau, et la fuite autant devant les hommes de main que devant les bouteilles d’alcool constituent un très grand moment de cinéma.

Mais alors, où le bât blesse-t-il, si des films comme « La Légende de Beowulf » de Robert Zemeckis dégagent un dynamisme et des personnages de guerriers à la présence certaine ? Parlons crûment : si ce film fut si réussi, en dehors de ses qualités cinématographiques, c’est parce que ses personnages étaient des bêtes de guerre et qu’il s’y passait pas mal de saloperies. La première raison justifie les exploits numériques de ses avatars, la seconde apporte une "salissure" non négligeable en rendant plus organique, plus rentre-dedans, une technologie tendant à aseptiser ses sujets. (Ci-dessous, une image extraite de l'adaptation vidéo-ludique sur PS3)

Je pense que la technique du cinéma virtuel, dont l’aspect numérique doit être contre-balancé par une dimension physique, voire presque animale des personnages, est inévitablement plombée par ce qui fait justement le sel des aventures de Tintin en bande dessinée : un aspect irréel, cette impression qu’il ne peut rien arriver à ce garçon pur. Or, la séquence de la poursuite du faucon, avec comme point d’orgue ce plan de la tyrolienne, nous montre du grand spectacle, mais nous perd instantanément par son caractère factice. Si l’on vibre pour Tintin dans la première partie du film (l’affaire du pick-poket, la fuite du Karaboudjan), c’est parce que les exploits du petit reporter restent à échelle humaine. Dès que le côté super-héros (et c’est aussi valable pour Milou et Haddock, également increvables dans le dernier acte du film) prend le dessus, le caractère angélique de Tintin rend le spectacle fade.

Pour son coup d’essai avec cette technique de cinéma virtuel, Steven Spielberg s’est certainement senti pousser les ailes en terme de mise en scène, et si son film propose quelques excellents moments de pur cinéma, les excès de la dernière partie m’ont gâché mon plaisir et font se clôturer l’ensemble dans une impression de grand n’importe quoi.

mercredi, mars 9 2011

Gros chagrin

Petit exercice de style au trait direct (crayonné + photoshop), quasiment sans parole, et en BD.

lundi, février 21 2011

« L’Île de Lorose » - Par Toshy - Ankama Editions


Des aventuriers très spéciaux dans de l’heroic fantasy humoristique et bourrine, pour une revisitation décalée de l’univers de Wakfu.

Une flopée de bras cassés s’étant rencontrés par hasard se trouvent embringuée à la recherche de la mystérieuse, mythique et paradisiaque île de Lorose : un iop super-bourrin, une sadidette baraquée virée par les siens pour des motifs obscurs, un chien-chien fantôme et un sacrieur un peu précieux.

La collection "Wakfu Nébuleuses" de l’éditeur Ankama permet à ses auteurs de livrer une vision décalée du multivers Wakfu (jeu vidéo, dessin animé, bandes dessinées, jeux de cartes). « L’île de Lorose » ressemble à une BD underground, avec son papier jauni avec traces de bois, ses personnages de crétins, et son graphisme aux hachures dentelées à la Charles Burns.

Même si cette histoire de losers cherchant une île mystérieuse ne vole pas très haut dans la subtilité, l’album se révèle agréable à lire, justement grâce à ses personnages de bras cassés : la créature "poil à gratter" et son sens de la vanne le bourrin stupide toujours affamé, le boulet féminin, la chochotte frêle sujette à l’hypo-tension, font leur petit bonhomme de chemin en dégommant gratuitement des créatures du même acabit.

Si, en tout début du livre, le message du mosquito concernant la conclusion naze de l’album ne vous rebute pas, vous passerez un bon moment. Les autres, fuyez la compagnie de ces abrutis, ils sont contagieux !

jeudi, février 10 2011

Ping Pong avec Orehan

Aujourd'hui, je dévoile enfin le pourquoi du comment de mon aventure dessinée avec Orehan. Il s'agissait donc d'un ping pong graphique, où chacun devait lancer un défi à l'autre, avant de répondre en image au sien en retour. J'espère que vous vous amuserez à suivre cette petite historiette. Profitez-en aussi pour aller visiter en profondeur le blog de la miss, il y a des jolies choses à voir.

mercredi, février 9 2011

Teasing 2

J'avais commencé à vous en parler hier, on entre dans plus de détails aujourd'hui ! Vous savez déjà qu'il s'agit d'un machin en dessin créé en compagnie de l'illustratrice Orehan (oui, celle du défunt blog Drawmadaire). Un combat âpre et tendu, un affrontement qui va vous laisser sur le carreau. Vous me direz, on ne tape pas les filles, même avec des pinceaux... Ouais mais bon, c'est pour la bonne cause, c'est pour jouer ! Rendez-vous ici demain, on vous dévoilera le binz !

jeudi, février 3 2011

Angoulême 2011 : le nouveau visage du Pôle Manga

Je publie ici l'article que j'ai écrit sur le site ActuaBD, concernant le Pôle Manga du Festival de la Bande dessinée d'Angoulême 2011.

Cette année, le Pôle Manga du Festival a quitté le "building" qui lui était dédié depuis quelques années pour rejoindre les espaces où se trouvent autres éditeurs. Un symbole de normalisation parmi d’autres qui démontre, alors que la progression des mangas marque le pas en France, que ceux-ci font désormais partie intégrante du paysage de la bande dessinée francophone.

Cette année, les festivaliers qui passaient devant l’Espace Franquin n’y ont plus vu les mots "Manga Building". Depuis 2008, sous la direction de Julien Bastide et Nathalie Bougon, ce bâtiment était devenu le quartier général de tous les fans purs et durs de mangas, venus pour les expositions, conférences, et projections. Les mangavores y gagnaient un lieu consacré à leur passion, mais également un isolement du reste du Festival.

Le retour de Gaston

Pour cette 38ème édition, le coordinateur aux baguettes est Erwan Le Verger : "Le Manga Building a permis depuis trois ans un focus sur le manga, mais il était aussi en train de le ghettoïser. Le manga, c’est de la bande dessinée avant tout. Le mettre à part du festival, c’est quelque part admettre que ce n’était pas de la bande dessinée. Il nous fallait donc légitimer ce style, qui pèse quand même 40% des ventes du secteur."

L’entrée de l’espace "Mangasie" (Photo © Thomas Berthelon) :

Mais quid des fans ? Ce changement de statut ne va-t-il pas se faire au détriment des principaux intéressés ? "La migration de l’espace manga de la bulle New York vers l’Espace Franquin, puis enfin dans la bulle des éditeurs classiques du Champ de Mars, témoigne que cet espace a atteint une maturité", poursuit Erwan Le Verger. "Mais cela implique aussi certains choix, des gens se sentent automatiquement lésés. Le public des fans s’y retrouvent moins, mais c’est volontaire". Afin d’éviter les mauvaises surprises, la communication du Festival avait déjà averti de ce changement les fans de mangas sur son site Internet, il n’y a donc pas eu de lynchage au kaméhaméha.

Des éditeurs absents

Durant ces quatre jours, les fans des séries « Naruto » (Kana), « Gantz » (Tonkam) ou « Tsubasa Reservoir Chronicles » (Pika) ont fait les beaux jours de leur libraires préférés car il était impossible de croiser ces éditeurs sous les bulles : ils n’avaient tout simplement pas de stand. Était-ce de leur part une décision économique ou politique ?

Sébastien Agogué, attaché de presse de Tonkam : "C’est un peu des deux. Ce n’est pas la première année que nous ne venons pas. Se rendre à un festival a un coût, demande une organisation. La décision est pesée à chaque fois. Le seul rendez-vous récurrent est Japan Expo. Des fois nous faisons d’autres festivals – comme Angoulême – de temps à autres, nous testons parfois le Salon du Livre, pour voir si le public de ces festivals a suffisamment évolué vers le manga".

Patrick Abry, responsable de Xiao Pan (éditeur d’auteurs chinois comme Benjamin ou Ji Di), nous confirme la rentabilité de Japan Expo : "Économiquement, pour deux fois moins cher, je vends deux fois plus de bandes dessinées chinoises à Paris Manga ou à Japan Expo Marseille".

L’exposition "Manga Underground..." : A défaut d’originaux, des reproductions en grand format (Photo © Thomas Berthelon) :

Si les éditeurs spécialisés ne viennent pas pour toucher un nouveau public, il est donc préférable de privilégier d’autres manifestations. Sébastien Agogué toujours : "Même si le public du Festival d’Angoulême est intéressé par le manga, il ne vient pas au FIBD pour acheter des livres sur place. Il ne s’agit pas d’un salon manga et, en l’absence d’auteurs sur notre stand, peut être que la mise en avant n’est pas suffisante pour justifier notre déplacement. Même si cela nous permet de mettre en avant des titres différents, de faire de la pédagogie par rapport à Japan Expo. On peut mettre en avant « L’Histoire des 3 Adolf » ou « Amer Béton » à Angoulême, toucher plus facilement les parents qui accompagnent leurs enfants. Ceux qui viennent à Japan Expo savent déjà ce qu’ils veulent".

Le public d’Angoulême est-il donc définitivement hermétique à la bande dessinée japonaise ? Erwan Le Verger pense qu’il ne demande qu’à être éduqué : "Les éditeurs ne savent pas traiter le manga en fonction du public franco-belge".

Dans ce cas, comment intéresser les férus de Spirou ? Un éclairage sur des auteurs étrangers ? Jusqu’à présent, le Manga Building était un peu “à part” par rapport au centre-ville piéton. Était-ce justement ce traitement de “seconde zone” qui freinait les éditeurs à inviter des auteurs étrangers ? Sébastien Agogué : "Nous aurions préféré pouvoir monter une expo sur le parvis de l’église si nous faisions venir un auteur, bien sûr (rires). Plus sérieusement, c’est vrai que l’Espace Franquin est moins accessible et donc a une portée moindre que d’autres espaces. Mais il y avait une volonté du Festival de créer un pôle manga avec d’autres activités pour que cela vaille le coup de s’y déplacer (conférences, projections). Est-ce que c’est suffisant ? On aurait toujours voulu plus, bien sûr. Mais ce n’est pas franchement cela qui nous freinait, plutôt le coût économique important pour faire venir un auteur japonais, ce qui induisait de s’y prendre très en avance pour avoir un partenariat pour financer la venue d’un dessinateur Japonais. C’est plus par manque d’opportunité que nous n’avons plus fait venir d’auteur depuis 2001".

Angoulême n’est pas Japan Expo

Erwan Le Verger nous explique que l’abandon du Manga Building pour un espace à l’intérieur des bulles participe à cette volonté de venir à la rencontre d’un public de profanes : "On ne peut pas demander aux gens d’être curieux ET de se déplacer". À la charge de l’organisation de se mettre à la portée des festivaliers : "Je ne veux pas faire Japan Expo, ils le font déjà très bien. Les deux festivals n’ont pas la même vocation, Japan Expo est destiné aux fans et se veut le plus exhaustif possible, tandis que le FIBD assume sa vocation de découverte" poursuit le coordinateur.

Un débat "Manga Vs BD Franco-belge : influence ou interaction ?" (Photo © Thomas Berthelon) :

L’Underground exposé

À travers l’exposition "Manga Underground : points de vue de femmes", le coordinateur de l’espace manga a voulu "une exposition féministe. Riyoko Ikeda, à travers son manga « La rose de Versailles » (« Lady Oscar » en français, NDLR), a lancé le genre Shojo (manga pour les femmes), qui était un manifeste féministe. Le message est que les hommes et les femmes ont la même force de caractère, cela prône la réduction des différences. Par exemple, le travail d’Akino Kondō parle des menstruations avec sensibilité, et Junko Mizuno, en dessinant un homme au bout de la serpillère que passe le personnage féminin, est assez explicite aussi."

L’aspect brut de décoffrage de l’installation ne refroidit-il pas non plus un visiteur découvrant cet univers ? "J’ai travaillé sur la scénographie dans l’esprit de créer une expérience. À travers les gélatines et les lampes, j’ai privilégié un côté underground".

Mangasie a-t-il convaincu ?

Quelques détails ne nous ont pas échappés. Lorsque nous demandons des explications à Erwan Le Verger sur l’absence de macaron "pour public averti" à l’entrée de l’exposition "Manga underground : points de vue de femmes" en raison de la crudité de certaines planches de Kahori Onozucca (gros plans de têtons, un sexe en érection), il nous fait remarquer la présence du dit macaron derrière nous, mais nous avoue ensuite dans un sourire l’avoir ajouté le matin même pour ne pas choquer les officiels en visite l’après-midi. "Il y a aussi des images de Cixi nue dans l’exposition sur Troy, et personne ne va crier. J’ai quand même placé les planches les plus crues en hauteur, pour éviter que les plus jeunes ne tombent dessus, et croyez-moi, j’ai sélectionné les plus softs de l’auteur."

Continuons de chipoter, la cohérence de l’exposition pâtit du fait que certaines planches sont en français, d’autres en japonais, et en comparaison des précédentes expositions au Manga Building (les yokaïs de Shigeru Mizuki, Clamp, ou les fac simile d’originaux de Hiroshi Hirata et de la série « Lady Snowblood »), celle de cette année et ses reproductions de planches ne procurent pas la même claque. Et même si l’espace consacré aux bandes dessinées asiatiques (car on peut aussi y trouver des albums taïwanais, hong-kongais, et chinois) se retrouve parmi les éditeurs franco-belges, son entrée aux murs noirs n’invite pas forcément le visiteur à y tenter une incursion. Patrick Abry nous le confirme : "Cette année, cet espace Mangasie est mal fichu, tout le monde passe devant mais personne ne s’y arrête".

Il n’y avait pas que cela dans l’espace Mangasie, on pouvait aussi y voir des démonstrations de dessins, des conférences et des interviews. Mais il faudra certainement attendre le retour de certains poids lourds de l’édition du manga pour obtenir un lieu capable de titiller les amateurs de grooms ou de tuniques bleues...

Le stand des bandes dessinées hong-kongaises (Photo © Thomas Berthelon) :

mardi, février 1 2011

Angoulême 2011 : les photos

Comme en 2008, en 2009, et l'an dernier, je publie ici mon petit compte-rendu en photos du Festival BD d'Angoulême. Cette année, pas d'émission « Supplément week-end » en direct du festival, mais une interview enregistrée dans les locaux du Conseil Général de la Charente, pour couvrir la remise du Prix ActuaBD/Conseil Général des Jeunes de Charente. L'interview sera diffusée dans l'émission de samedi prochain, à midi sur Radio FMR (89.1 mhz sur Toulouse) et en podcast sur le site de l'émission.

De la pub... vivante :

Sa majesté Jean Giraud/Moebius :

Dimanche, la venue de Frédéric Mitterrand :

Une bière dégustée sur le stand du Lombard avant le retour vers Toulouse :

En dédicaces, Coyote et son coloriste MiKl :

Les jeunes visiteurs de l'exposition "Le monde de Troy" accueillis par un troll :

Couuu-couu !

Un Batman en cache un autre, sur le stand Panini Comics :

Les salariés de "L'Association" en grève :

A l'Hôtel Mercure, nos amis de Attitude FM donnent la parole au jury du Conseil Général des Jeunes, qui viennent de remettre le Prix ActuaBD/Conseil Général des Jeunes à « Freaks' Squeele T3 » de Florent Maudoux (Editions Ankama). A gauche, le directeur adjoint d'ActuaBD, Didier Pasamonik. A droite, Samuel Woodhams, un jeune élu :

En salle de délibération, au Conseil Général de la Charente, les cinq jeunes élus et les cinq albums nominés :

Florent Maudoux recevant son prix sur le stand Ankama, entouré des jeunes élus :

Didier Pasamonik intervenant en direct dans le « Supplément week-end » :

Agnès Maupré, l'auteur de « Milady de Winter », dont l'interview sera prochainement diffusée dans le « Supplément week-end » et sur ActuaBD :

Erwan Le Verger, le responsable de l'exposition "Manga Underground : points de vue de femmes", dans le pavillon Mangasie :

Samedi soir, une partie de l'équipe du site ActuaBD réunie autour d'un bon repas :

mercredi, janvier 26 2011

Road to Angoulême

Comme chaque année depuis 7 ans, je décolle demain pour le Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême. Je ne vous promets pas que je posterai ici, car mon emploi du temps ne me le permettra peut-être pas, mais j'essaierai de vous montrer quelques images du festival. Je reviendrai avec quelques interviews d'auteurs dans mon sac pour le « Supplément week-end » et le site ActuaBD.com ! En attendant, voici une petite photo de moi, prise en salle de presse l'an dernier par mon confrère Nicolas Depraeter.

lundi, janvier 24 2011

« Diabolica T1 » - Par Christophe Kourita - Ankama Editions


Que se passerait-il si les yôkaïs, créatures étranges du folklore japonais, existaient aussi en France ? Faites le tour de l’Hexagone en compagnie du docteur Lafayette, à la découverte de notre propre bestiaire, dans une suite de petites histoires surprenantes et décalées.

L’auteur Christophe Kourita raconte, en début d’album, la genèse de cette encyclopédie d’un genre particulier : lors d’une soirée organisée par leur éditeur, le mangaka Katsuhiro Otomo (« Akira ») lui demande s’il existe des yôkaïs en France. Il s’agit de créatures bizarres de toutes formes, issues du folklore japonais, et notamment déjà mises en dessins depuis les années 50 par Shigeru Mizuki (« GeGeGe no Kitarō »).

Se prenant ainsi au jeu, Kourita s’amuse à créer des yôkaïs à la française, prenant en compte la géographie et la culture des régions de l’Hexagone pour y intégrer ses monstres et créatures, trompant les humains pour le pire ou le meilleur.

Au premier abord, on pourrait être sceptique devant le postulat de base. Encore un Français (en fait, Kourita est franco-japonais) fasciné par la culture nippone, se complaisant dans un délire de vouloir faire cohabiter l’inadaptable : les créatures d’une croyance animiste dans une vieille Europe judéo-chrétienne. Pourquoi pas inviter un slime du film SOS Fantômes dans les grottes de Lourdes ? Surtout que l’intention de l’auteur n’est pas de se moquer d’une ou l’autre culture, mais bien de se frotter au bon vieux concept du "What if".

Mais cette impression part en fumée dès les premières histoires courtes, car étonnamment, la mayonnaise prend. L’auteur prend soin de clore chaque segment par une morale (les humains face à leurs propres travers, failles et souffrances), et la confrontation des monstres visuellement "olé olé" à des contrées bien franco-françaises (donc tout sauf exotiques) fonctionnent parfaitement : les bras des sables du Mont St-Michel, les sirènes de feu des falaises bretonnes, ou encore le bonhomme de suie des cheminées parisiennes, chaque yôkaï s’intègre si bien à chaque région qu’on le croirait ancré dans ce folklore depuis des siècles.

L’entreprise est audacieuse. Sans pour autant se retrouver sur les ronds de serviette des touristes, ces yôkaïs cocorico valent le déplacement.

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