Ultimatom

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

vendredi, octobre 7 2011

« Assault Girls »

Ecouter aussi ma chronique dans l'émission « Supplément week-end » du samedi 6 août 2011.

Un film de Mamoru Oshii, avec Rinko Kikuchi, Hinako Saeki, Meisa Kuroki. Disponible en DVD chez M6 Vidéo.

Le monde est au bord de l'implosion, les sociétés et les systèmes économiques piétinent et peinent à évoluer, les conflits d'un genre nouveau éclatent aux quatre coins de la planète. Mais le salut peut provenir du virtuel, territoire où les connaissances sont mises en commun, où les individualités se fondent pour mieux se défouler dans un univers belliqueux calqué sur le réel : ce jeu à grande échelle s'appelle... Avalon.

Dans son extension Avalon(f), 4 super joueurs, Gray, Lucifer, le Colonel, et Jager, errent dans un désert sans fin à la chasse aux vers géants des sables.

Nouvelle incursion du réalisateur Mamoru Oshii dans le film live, après « Avalon » tourné en Pologne. Ici, les langues parlées sont l'anglais (la langue officielle du jeu) et le japonais. Ce film assez court (70 minutes) est le prolongement de deux courts-métrages que le réalisateur de « Ghost in the Shell » avait mis en scène, pour la chaîne de restaurant KFC. Il reprend ici la thématique des femmes guerrières, tout en bricolant une histoire autour.

Le film s'ouvre sur une voix off présentant la situation géo-politique (ce passage est d'ailleurs passionnant) à base d'images d'archives et de photos en noir et blanc. Ensuite, nous passons à une imagerie informatique (des écrans et indicateurs lumineux, des cibles mouvantes, des radars), rappelant l'introduction de ses précédents films (impossibilité de se renouveler ou auto-citation nombriliste ?), puis une mise en situtation de ses protagonistes dans une esthétique plus ou moins travaillée, rappelant les grandes heures du cinéma post-apocalyptique et des films minimalistes d'auteurs.

A cet instant, l'impression mitigée laissée par les quelques échos que j'avais pu lire sur internet laissent place à une bonne surprise : du désert, une image dessaturée mais relativement sobre, des personnages en haillons traquant des ennemis imaginaires, une absence de parole. On se croirait dans le « Vahlalla Rising » de Nicolas Winding Refn. Je me dis naïvement que les précédents errements d'Oshii avec le très hermétique « Tachiguishi Retsuden » et l'en-deça « Sky Crawlers » sont loin derrière, et que cette nouvelle livraison va frapper un grand coup.

Eh bien non...

Le principal moment de bravoure résonne encore comme un "tout ça pour ça" encore très en-dessous de la réalité, les actrices ne sont que des top models prenant la pose, et l'élément comique peine à apporter une humanité à un ensemble vide, n'ayant rien à raconter (le goût d'Oshii pour la description de situations géo-politiques trouve une résonance avec le discours sur la création des partis, asséné au marteau-piqueur), et aux effets spéciaux tellement laids et peu soignés (mais prends des cours de typos, enfin...) que l'impression générale après le visionnage d'« Assault Girls » est le mot "Arnaque".

Oshii n'est plus que l'ombre de lui-même, une coquille vide n'ayant plus rien à dire, et plus grand chose à montrer d'original (encore des pin ups avec des flingues, des avions militaires, des viseurs numériques...). Je pense qu'il aspire de plus en plus à se confronter à un cinéma d'auteur européen qui l'a toujours fait fantasmer, mais qu'il ne parvient pas à laisser de côté son identité de geek/army-otaku. 

Il est à un stade de pré-ré-invention, mais la machine patine. Le bouton "Turbo" est coincé, son basset est assis dessus.

mercredi, septembre 28 2011

« Sex and zen 3D : Extreme Ecstasy »

Ecouter aussi ma chronique dans l'émission « Supplément week-end » du samedi 24 septembre 2011.

Un film de Christopher Sun, avec Hiro Hayama, Leni Lan, Saori Hara, Tony Ho.

Attaquons les préliminaires : Wei Yangsheng est un jeune noble fraîchement marié à la belle Tie Yuxiang, mais le jeune homme se découvre éjaculateur précoce et désavantagé par la nature. Pour acquérir une virilité, il part faire copain copain avec le redoutable prince Ning, un despote débauché qui va lui révéler ses secrets, et lui prêter quelques courtisanes. Mais cette quête de la virilité ne va pas se faire sans difficulté, mais ne déflorons pas l'intrigue.

Il s'agit d'un remake du premier épisode de la trilogie « Sex and Zen » des années 90 par réalisée par Michael Mak (l'actrice Shu Qi avait fait ses début dans le deuxième film), mais doté en plus de la technologie 3D. Pour le reste, ce métrage se veut un pur film de sabre chinois (Wu Xia Pian), avec de belles étoffes en soie (qui cette fois, s'enlèvent vite au lieu de voleter au rythme des entre-chats de princesses en apesanteur). Au menu des réjouissances, nous avons donc des poignards volants, une grosse référence à « Kill Bill », une greffe de membre d'origine... animale, une tripotée de demoiselles toutes plus magnifiques les unes que les autres, et un personnage de transexuel très poumonné, dont le membre viril, à l'instar des queues de singes des super saiyen dans « Dragon Ball Z », reste enroulé le long de sa jambe.

Au milieu de toutes ces scénettes de rapprochements déshabillés, celles que l'on retiendra sont celle de la copulation en suspension, où le prince lubrique s'empare d'une courtisane tout en se suspendant d'un bras à une chaîne pendue au plafond, un lancer de poignards "à effets" par un défloreur aux muscles saillants et la barbe crasseuse, le meurtre d'une courtisane par va-et-vients trop insistants, et le viol par une nymphette d'un moine bouddhiste, dont la récitation de sutras ne le préserve pas longtemps d'une réaction enflammée aux frottis frottas de la donzelle.

Si le film mise sur l'humour et un côté sexy-bonne humeur dans les deux premiers tiers, le dernier acte vire franchement dans le gore, mettant en scène des tortures, punitions corporelles et mutilations en tous genres, s'étirant sur une durée interminable et presque désagréable sur la fin. Voilà un aspect du film que n'aurait pas renié le Tobe Hooper période « Sade », car même si les plaies restent hors champ, l'ambiance "youpi tralala" du début a cédé la place à une maison des horreurs où chaque personnage finit bien puni de ne pas avoir su rester chaste. C'est d'ailleurs la morale du film, la chair pervertit, et rien ne vaut la bonne vieille ceinture de chasteté pour trouver la pleinitude et le bonheur... Mouais.

J'ai parlé plus haut de technologie 3D, les lubriques vont être déçus, point de 3D durant les ébats (les caméras embarquées à bord de membres vigoureux sont plutôt dans les animés hentaïs), mais plutôt dans les statues et décors kitsch du palais du prince, ainsi que dans les armes blanches qui volent vers la caméra. Rien de croustillant à se mettre sous la dent donc.

Je finirai cette chronique en précisant que ce film a juste battu le record de fréquentation d'un certain... « Avatar » (oui, celui de James Cameron) en engrangeant 360 000$ de recettes le premier jour, pour un budget total de 3 millions. La classe ! A quand un Tsui Hark version érotique ?

lundi, septembre 26 2011

« Detective Dee : le mystère de la flamme fantôme »

Ecouter aussi ma chronique dans l'émission « Supplément week-end » du samedi 3 septembre 2011.

Un film de Tsui Hark, avec Andy Lau, Tony Leung Ka Fai, Bingbing Li. Disponible en DVD chez Wild Side.

En 690 après JC, la Chine s'apprête à couronner la première impératrice douairière de son histoire. Mais dans l'ombre, des conspirateurs cherchent à usurper le trône. Alors que la construction d'une statue gigantesque prend du retard en raison de morts par des mystérieuses combustions spontanées, la future impératrice demande de l'aide au plus grand enquêteur de l'empire, son ennemi le détective Dee, emprisonné depuis 8 ans pour insubordination.

Désormais, chaque nouveau film de Tsui Hark fait frémir ses fans de la première heure, tant le touche à tout/gourou/grand dictateur des plateaux s'est égaré successivement au cours des années 2000, après avoir porté à bout de bras le cinéma hong kongais des années 80-90 durant son "âge d'argent". Oubliez donc le navrant « La légende de Zu », ou le pitoyable « Black Mask 2 » et leur déferlement de bouillie numérique, voici le retour du grand Tsui !

Moins axé baston que les grandes oeuvres passées du maître, au profit d'une enquête policière à la Sherlock Holmes, ce « Detective Dee » gagne en pouvoir fédérateur. De facture plus classique, la trame fait briller des personnages se situant dans des zones de gris plus ou moins sombres selon le point de vue des interlocuteurs, chacun ayant quelque chose à cacher. On s'amusera, entre deux combats, à tenter de démasquer le coupable, mais la tache n'est pas aisée, tant le cinéaste brouille les pistes. un type avec un crochet à la place de la main ? Pas jojo, mais persécuté. Un albinos très sanguin ? Trop voyant. Une impératrice manipulatrice ? Ce ne sont jamais les plus puissants qui complotent dans l'ombre.

Se situant tout de même dans la tradition des Wu Xia Pian (films de sabre chinois), « Detective Dee » se devait d'assurer question bastons. Il ne faut pas s'attendre ici à des affrontements dantesques en apesanteur. Déjà, Andy Lau n'est pas un artiste martial, et puis, vous n'avez qu'à revoir les « Il était une fois en Chine » où Hark envoyait sévèrement la sauce (toujours pas égalée). Ici, le grand moment de bravoure se situe dans les galeries souterraines, où des énormes rondins de bois sortent de sous la flotte pour tenter d'empaler un frêle esquif. Un guêt-apens à l'étroit aux senteurs humides, une grande séquence.

Ce nouveau long-métrage devrait convaincre les fans hard-cores du maître, même s'il a déjà fait mieux, moins sage, et plus marquant. Trop bon pour n'être qu'un film mineur, ce film se laisse savourer comme une friandise. Pour le côté sauvage et fou fou, revoyez plutôt un bon « The Blade » ou un réjouissant « Time and Tide ». Pour les non connaisseurs, voici l'occasion de découvrir un réalisateur très important, à travers son film le plus accessible.

mercredi, septembre 21 2011

« J'ai rencontré le diable »

Ecouter aussi ma chronique dans l'émission « Supplément week-end » du samedi 10 septembre 2011.

Un film de Kim Jee-woon, avec Lee Byung-Hun, Choi Min-sik.

Soo-hyun est un agent des services secrets, dont la petite amie est sauvagement torturée, assassinée et découpée par un tueur en série. Très vite, il démasque le tueur en pleine récidive, mais au lieu de le livrer aux autorités ou le supprimer, il s'acharne sur lui avant de le remettre en liberté. S'ensuit un jeu du chat et de la souris où Soo-hyun prend un malin plaisir à balader le psychopathe.

Mais contre toute attente, la proie se révèle plus coriace que prévue et se prend au jeu. Qui manipule l'autre ? Tandis que les victimes collatérales s'accumulent et que les autorités s'en mêlent, rien ne peut faire dévier Soo-hyun, pris dans un engrenage auto-destructeur...

Déjà réalisateur du thriller « A bittersweet life », de l'angoissant « Deux soeurs » et du western hommage « Le bon, la brute et le cinglé », Kim Jee-woon prouve avec cette chasse ultra-violente qu'il peut s'attaquer à tous les genres, et emboîter le pas de ses compatriotes dans le sillon du thriller implacable et désespéré. Une série de films sud-coréens, de « Old boy » à « The Chaser », en passant par « No Mercy » ou le plus soft « Memories of murder », réputés pour leur violence extrême, des chasses à l'homme jusqu'au-boutistes favorisées par l'inefficacité chronique de la police, et un refus systématique du happy end où le criminel a bien souvent le temps de faire souffrir mille morts à ses victimes avant de se faire supprimer (quand il ne s'en sort pas la plupart du temps).

Dans « J'ai rencontré le diable », on assiste à un face à face survitaminé entre deux chasseurs habités, portés par deux acteurs au sommet de leur art. Si le talent de Lee Byung-hun (acteur fétiche du réalisateur) arrive à apporter une consistance exceptionnelle à un super-agent qui avait tout pour faire pâle figure au milieu de cette meute de déglingués psychopathes, c'est bel et bien de nouveau Choi Min-sik (le meilleur acteur du monde ?), déjà phénoménal dans « Old Boy », qui bouffe chaque scène où il apparaît avec l'appétit d'un ogre cannibale. Le premier est affûté, aussi froid et déterminé qu'une lame tranchante, détruit de l'intérieur et bouffé par une quête désespérée, tandis que l'autre donne sa silhouette ronde à un profiteur de chaque instant d'infâmie, qui n'a plus rien à perdre et redemande même des sévices sur sa personne comme pour se sentir vivant.

Brillamment construit, pouvant se clore cent fois mais sans cesse relançant une machine nous plongeant de plus en plus dans le glauque, explorant de nouvelles strates d'horreurs à mesure que le chassé déteint sur le chasseur, les frontières se brouillent, le spectateur perd ses repères, des actes répréhensibles sont commis et choquent d'autant plus qu'ils sont la plupart du temps relégués hors champ. La traque infernale ne sombre jamais dans l'incohérence et parvient comme par miracle à chaque fois à nous garder dans son sillon sans nous faire décrocher.

Un grand thriller, un uppercut doublé d'un empalement au coûteau de boucher rouillé et bien crade, qui nous laisse pendu dans un antre perdu au milieu de nulle part. Le supplice n'est pas fini, loin de là. Nous entendre crier ? Non, y a personne à part le tueur...

jeudi, septembre 15 2011

« Kingdom of war »

Ecouter aussi ma chronique dans l'émission « Supplément week-end » du samedi 30 juillet 2011.

Un film de Ching Siu-Tung, avec Donnie Yen, Kelly Chen, Leon Lai. Disponible en DVD chez Wild Side.

Chine, IIème siècle avant JC. Plusieurs royaumes se font la guerre depuis des temps reculés. Yen Feier vient d'accéder au trône après la mort de son père. Encadrée par son ami d'enfance Muyong Xuehu, qui lui apprend l'art du combat, au grand dam de son cousin obsédé par le pouvoir, la jeune femme va suivre une voie encore inexplorée : victime de plusieurs tentatives de meurtre et d'enlèvements, elle tente pourtant de rompre avec la tradition belliqueuse.

Les fans des films d'arts martiaux hong kongais des années 80 connaissent déjà le nom du réalisateur Ching Siu-Tung : il a chorégraphié et mis en scène la trilogie « Histoires de fantômes chinois » qui a contribué à exporter le wu xia pian (film de sabre chinois) en Occident. Sous l'oeil omniprésent d'un Tsui Hark très dirigiste, il a mis en place son style pouvant être décrit comme "belles étoffes et courants d'air", où des princesses et guerriers vertueux traversent des forêts sombres suspendus à des câbles, enrobés de tuniques amples plus belles les unes que les autres. Il a également réalisé l'excellente trilogie « Swordsman », et chorégraphié un nombre impressionnant de mastodontes de l'ex-colonie britannique : « Le syndicat du crime 2 », « The Killer », « Heroic Trio », « Shaolin Soccer », « Hero »...

Dans les premier rôles de ce film en costumes, le réalisateur a souhaité faire appel à un casting véhiculant une image de modernité. Kelly Chen, a auparavant été aperçue dans les thrillers « Infernal Affairs » et « Breaking News », donc deux métrages aux univers éloignés du wu xia pian. Leon Lai, quant à lui, apparaissait dans la comédie de Wong Jing « City Hunter » avec Jackie Chan dans le rôle de Nicky Larson, et le polar urbain expérimental « Les anges déchus » (de Wong Kar Wai), mais tâtait déjà du sabre dans le « Seven Swords » de Tsui Hark. La caution martiale est assurée par Donnie Yen, l'acteur martial majeur du moment, qui offre sa silhouette massive au guerrier quasi infaillible Xuehu.

Encore un film de sabre ? Oui, mais « Kingdom of war » offre cette fois-ci un point de vue résolument féminin. Le personnage principal est Yen Feier, la fille d'un roi qui a vu trop de morts et n'a jamais connu la paix, et qui surtout ne connaît rien à l'art du combat. Alors plutôt que s'entraîner inlassablement sur fond de soleil couchant, et soliciter ses aides de camp pour élaborer des stratégies, la belle va explorer la nature et s'acoquiner avec un ermite. Et même si les scènes de baston sont bien présentes et réussies (une embuscade dans un lac, un commando se battant sur des points de bois suspendus, et même quelques références au film « 300 » sur la fin), on passe finalement beaucoup de temps devant une histoire d'amour dans des décors de villages d'ewoks.

« Kingdom of war », en jouant la carte d'une direction plus féminine (en version originale, le titre « An empress and the warriors » est plus approprié), propose une originalité bienvenue à un genre plus que codifié qui a récemment plus que tourné en rond. Mais que les fans d'affrontements à l'arme blanche en suspension se rassurent : Yen Feier reste le seul personnage féminin du film (faut pas pousser non plus), et entre deux douzaines de complots et trahisons fomentées par des ordures bien fourbes, le champ de bataille finit bien aspergé.

mardi, septembre 13 2011

« Magnitude 9 » en vente

« Magnitude 9 », recueil d'illustrations au profit des sinistrés du tsunami au Japon, et auquel j'ai participé, est en vente ici. Il coûte 30€, et l'intégralité des fonds récoltés va à Give2Asia. Profitez-en, pour un artbook, le prix est vraiment peu élevé. On peut avoir un aperçu de quelques pages par là.

mardi, mai 31 2011

« Outrage »

Ecouter aussi ma chronique dans l'émission « Supplément week-end » du samedi 21 mai 2011.

Un film de et avec Takeshi Kitano, avec aussi Jun Kumimura, Ryo Kase, édité en DVD chez HK Vidéo.

Un yakuza du clan Otomo, associé au clan Ikemoto, est arnaqué par les patrons d'un bar à putes travaillant pour le clan Murase, qui vient de signer une alliance avec Ikemoto. Cet outrage va provoquer des tensions dans le clan, où, entre multiples règlements de compte, chaque malfrat veut tirer son épingle du jeu et trahir ses semblables.

Takeshi Kitano retrouve ici le genre cinématographique qui l'a popularisé en dehors du Japon, et a contribué à changer le regard de ses compatriotes sur son travail : le film de yakuzas. Après un intermède introspectif (« Takeshi's », « Glory to the Filmmaker ! », et « Achille et la tortue »), le réalisateur japonais se re-confronte aux mafieux du Soleil Levant, en lâchant en route une partie des gimmicks qu'il avait inventés pour aller vers quelque chose de plus sobre et classieux.

Alors, bien sûr, nous retrouvons encore une scène sur la plage, mais les yakuzas ne sont plus ces pantins désoeuvrés en chemise hawaïenne, en attendant que la mort leur tombe au coin de la figure. Dans « Outrage », ils sont habillés de façon classe, en costumes, chemise sombre et cravate. L'humour burlesque est absent au profit de joutes verbales très bruyantes et excitées. Un comble pour un metteur en scène qui avait pour habitude d'élaguer au maximum ses dialogues. L'ancienne marque de fabrique de Kitano, c'était ces plans silencieux, où un personnage regardait fixement la caméra, stoïque, sans rien dire, de manière à préparer le terrain à une violence survenant sans crier gare, de simples coups de feu rompant le silence et clôturant les errances de morts en sursis.

Pourtant, « Outrage » est certainement le film le plus violent de Kitano. Une violence qui surprend moins, car nous la sentons plus venir, mais qui n'en demeure pas moins assez crue (même si toujours outrancière) : charcutage au cutter, torture chez le dentiste, tabassage en règle, le réalisateur de « Sonatine » nous propose un éventail large de mises à mort variées, accumulant les règlements de compte sans perdre de vue son intention de livrer un objet plus abouti formellement que ses précédents opus. 

Cette volonté de moins aller dans l'elliptique et plus dans le frontal, combinée à la recherche d'une esthétique moins "photo de vacances" et plus "film noir" témoigne certainement d'une intention d'aller repêcher les fans occidentaux que le cinéaste avait perdu en route. Car s'il s'est éloigné de son étiquette " réalisateur de films de gangsters", ses films ont ainsi pâti d'une distribution internationale ne sachant pas trop comment communiquer autour de métrages plus centrés sur la double image d'un Kitano (cinéaste)/Beat Takeshi (trublion à la télévision) propre à l'archipel japonais.

A travers « Outrage », Kitano parvient quand même à se renouveler un minimum avec un film étonnamment bavard, offrant au spectateur de nombreuses joutes verbales, dont les répliques s'enchaînent aussi vite qu'un spectacle de manzaï (style comique japonais composé d'un duo de comiques qui enchaînent les blagues sur un rythme très soutenu). La violence graphique et la violence verbale de ce film rappelle les dialogues énergiques du cinéma Hong Kongais, et particulièrement la filmographie de Johnnie To, dont « outrage » entretient certains points communs avec son diptyque « Election ».

Le film commence sur un banal affront survenu en boîte de nuit, mais qui prend ensuite des proportions inimaginables lorsque le chef de clan manipule les protagonistes pour les faire tourner en bourriques : l'humour décalé de Kitano trouve ainsi le moyen de s'exprimer, puisque le scénario dépeint la descente aux enfers d'un clan de yakuzas à travers les luttes internes qui frôlent l'overdose de trahisons et manipulations, jusqu'à la farce. Le parti pris scénaristique atteint son paroxysme dans la dernière demie-heure, où on atteint le n'importe quoi dans l'échiquier yakuza, où on ne comprend finalement plus quel intérêt ont les uns et les autres à s'entre-tuer. Le metteur en scène retombe finalement sur ses pattes, et les pantins désoeuvrés de « Sonatine » ne sont pas si loin, l'effet domino a changé de décor, les voitures rutilantes remplaçant le sable de la plage.

Au final, « Outrage » peine à trouver son rythme, mais le résultat se révèle un excellent nouveau départ dans la filmographie du maître. Dans les bonus, Kitano plaisante : "On m'a tellement bassiné pour que je réalise à nouveau un film de yakuzas. Mais j'ai livré un film tellement violent qu'on ne m'en réclamera plus".

jeudi, mai 12 2011

TGS Ohanami 2011 : Des idées de Bentô !

Voici une interview du « Supplément week-end » pour les amateurs de lunch box, et surtout de bentô : ces boîtes japonaises permettant d'emporter son repas n'importe où, accompagnées de leur attirail rigolo (moules à oeufs durs, bouteilles colorées pour les sauces, outils pour fabriquer des chips, etc.). Une interview de Da Scritch, prises de vue/montage de CS Vidéo, infographie de votre serviteur.

Un grand merci à Franck, de la boutique toulousaine « Je cherche une idée » (située place Salengro).

Voici la vidéo :



TGS Ohanami 2011 : Des idées de Bentô ! par Thomas-Berthelon

jeudi, mai 5 2011

TGS Ohanami 2011 : Interview Cosplay et Look Japonais

Voici une interview que j'ai réalisée pour le « Supplément week-end », au TGS Ohanami à Toulouse il y a quelques jours, autour du thème du "looking" : une passion consistant à s'habiller en s'inspirant de la mode japonaise. Durant cette interview, ne manquez pas l'apparition gag de Da Scritch, qui avait déjà donné lieu à une bande-annonce. La prise de vue est assurée par Raphaël Durand.



Interview Cosplay et Look Japonais par Thomas-Berthelon

mercredi, mai 4 2011

Bande-annonce « Supplément week-end » : Des avis en stéréo !

Voici une bande-annonce que j'ai réalisée pour l'émission « Supplément week-end », sur un concept original de Da Scritch. Les prises de vue ont été assurées par CS Vidéo et Raphaël Durand, au TGS Ohanami 2011, préfigurant une interview de cosplayeurs prochainement en ligne sur ce blog.


- page 1 de 6