« Toy Story 3 »
Par Thomas Berthelon le mardi, août 10 2010, 12:36 - Visionnages - Lien permanent

Ecouter aussi la chronique radio dans l'émission « Supplément week-end » du samedi 24 juillet 2010.
Un film d'animation de Lee Unkrich, produit par les studios Pixar.
Andy, l'enfant de Woody le cowboy, Buzz l'éclair et leurs confrères jouets, a bien grandi et va bientôt partir pour l'université. Pensant qu'Andy veut les jeter, les jouets s'enfuient et atterrissent dans la crèche de Sunnyside, le paradis pour des jouets assurés que des enfants joueront bien avec eux, qu'ils ne seront jamais délaissés. Ils rencontrent même plein de nouveaux jouets super accueillants. Sauf que...
Voici donc la conclusion de la trilogie des jouets. Le premier épisode traitait des états d'âme de Woody, un jouet cowboy menacé d'être supplanté par un autre jouet plus évolué. Dans le deuxième opus, nos jouets devaient choisir : mener une vie bien remplie de jouet abimé, ou une mort à petit feu derrière une vitrine de collection. Enfin, cette dernière partie montre ce que deviennent les jouets quand l'enfant ne joue plus avec eux.
Le studio d'animation poursuit la veine mélancolique amorcée par son précédent film « Là-haut », même si le scénario de chaque livraison comporte sa part de tristesse (Marin et sa famille de poissons rouges décimée à 99%). Avant le futur « Cars 2 », Les « Toy Story » sont pour l'instant la seule série de film produites par Pixar, et la saga exploite le potentiel des personnages sur la durée des trois films, même si on perçoit quand même un essoufflement dans ce dernier épisode. On prend toujours le même plaisir à retrouver ces jouets, un plaisir illustré dans une formidable introduction totalement débridée (au coeur d'une séance de jeu d'Andy) qui laisse la place à une suite plus sage et plus attendue, comme si cette évolution stigmatisait finalement le parcours d'un studio perdant peu à peu sa fraîcheur et son inventivité (il est loin, le temps où les sept mercenaires du cirque venaient au secours des fourmis dans « 1001 pattes »).
Ce « Toy Story 3 » comporte également quelques longueurs. La poursuite finale est franchement interminable, et même si certains jouets sont intéressants car comportent une part sombre, trop de jouets antipathiques installent une sale ambiance : les gentils contre les méchants. Une prison glauque mais pas trop, un humour un peu noir mais se rapprochant trop de « Small Soldiers » sans jamais être aussi drôle, cet univers laisse une sale impression. Heureusement, quelques bons moments permettent de récupérer le public : la rencontre entre Ken et Barbie, Buzz détraqué changeant de personnalité, Monsieur Patate survivant grâce à une tortilla... mais si les deux premiers exemples sont drôles, avouons que nous sommes plus dans « Shrek » que « Toy Story ».
Toujours très bien et sans faille techniquement, « Toy Story 3 » est une petite déception, heureusement rattrapée par une fin dantesque nécessitant un certain nombre de mouchoirs.

Commentaires
Ah, j'ai été plus enthousiasmé par cette bonne surprise qu'est Toy Story 3. Un très bon moment de cinéma.
La comparaison avec Shrek me semble justifiée : Pixar ne fait plus vraiment du Pixar mais ici lorgne plutôt du côté de Dreamworks, comme si Pixar voulait bouffer leur part de marché : les ados qui aiment l'humour débile.
J'ai aussi été déçu de cet opus, même si ça reste du haut niveau. Il est temps que Pixar se ressaisisse et retrouve ce qui faisait leur force : la qualité et l'intelligence liées à un respect du public cible.