« Le Dernier maître de l'air »
Par Thomas Berthelon le lundi, août 23 2010, 22:14 - Visionnages - Lien permanent

Un film de M. Night Shyamalan, avec Noah Ringer, Dev Patel, Nicola Peltz, Shaun Toub.
Les peuples liés au 4 éléments (l'Air, l'Eau, la Terre et le Feu) vivent en harmonie entre eux, le seul être capable de maîtriser tous les éléments, l'Avatar, veillant sur la paix au fil de ses réincarnations. Mais Ang, un tout jeune maître de l'air et nouvel Avatar, se réveille de nos jours après avoir été emprisonné dans la glace pendant un siècle. Durant cette période, la Nation du Feu a déclaré la guerre aux autres peuples et interdit la pratique des éléments. Malgré son apprentissage inachevé, Ang, aidé de ses amis Sokka et Katara, part à la découverte des autres éléments.
Shyamalan, le grand gourou du film fantastique minimaliste, capable de vous scotcher en sueur au siège en filmant juste un trombone, se lance dans une trilogie d'heroic fantasy avec des créatures volantes, des combats d'effets spéciaux, et des batailles rangées de navires de guerre. Le choc de ces deux univers avait de quoi interloquer d'autant plus qu'il s'agit d'une adaptation d'une série animée diffusée par Nickelodeon. Mais le bonhomme n'est pas n'importe qui et a maintes fois prouvé son talent de compteur, flirtant entre l'angoisse et le merveilleux, et traitant de thématiques comme la cellule familiale avec délicatesse.
Dans la série animée « Avatar » (le film a dû être nommé autrement afin d'éviter un procès par James Cameron), la trame s'articulait autour de la relation d'amitiés entre les trois jeunes héros, la quête de redécouverte du monde par Ang, et ses duels avec le prince Zukko de la Nation du Feu. Très sensible aux thématiques des personnages devant se confronter à leur destin et aux attentes de leur entourage, le réalisateur d'« Incassable » exploite donc deux directions : la culpabilité de Ang par rapport au massacre des moines l'empêchant d'assumer son statut d'avatar, et la quête de Zukko pour se montrer à la hauteur des attentes de son père.
Alors, verdict ? Voici un film qui n'a pas peur du trop plein d'aventures. Les non connaisseurs de la série y comprendront-ils quelque chose ? Pour les autres, ce « Dernier maître de l'air » s'en sort plus qu'honorablement. Les bastons s'enchaînent au rythme de plan séquences diablement efficaces, les combattant effectuent une centaine de mouvements avant de balancer la sauce, et les grands moments de la première saison sont tous rendus à la perfection (mention spéciale pour la démonstration de Ang maîtrisant l'eau). Cette volonté de coller au plus près des péripéties de la série comporte aussi ses écueils, certains passages pourront paraître anecdotiques (l'esprit bleu) quand la dimension émotionnelle d'autres seront totalement annihilées (l'épisode de l'esprit de la lune). Un film trop court, donc, en regard du haut degré de fidélité voulu par l'équipe du film.
A conseiller chaudement aux connaisseurs de la série, mais que les autres découvrent d'abord le format télé, car ils risquent d'être refroidis par le côté entre-deux du film, entre fresque épique trop intimiste et développement des personnages avec trop d'effets.

Commentaires
désolé thom, mais comment veux tu que je te prenne au sérieux devant ton parti pris non objectif devant ce réalisateur qui finira réputé pour ses niaiseries. tu veux la liste? c trop tentant ^^
je me suis bien fendu la poire en lisant les critiques autour de ce film..
je me ferais un réel plaisir de t'en sortir qq citations si tu y tiens tant ;)
J'irai le voir, c'est certain, mais je suis de plus en plus déçu par Shyamalan donc j'ai un peu peur. Certes il reste, à mes yeux, un technicien hors-pair mais ses scénarios laissent de plus en plus à désirer et son art du twist tombe en désuétude... enfin j'irai le voir ^^'
Et content que tu apprécies JCVD à sa juste valeur aussi au passage :p
>JB : oui oui, fais péter les citations (j'en ai lu quelques unes). Par contre, combien de leurs auteurs ont vu la série originelle ? Ca me fait rire ça aussi :-)
>Bastien : ici, c'est particulier, Shyamalan a développé les thèmes qui lui tenaient à coeur, mais il s'agit avant tout d'un film de commande fidèle à la série animée d'origine. Peut-être le réalisateur trouvera-t-il ici un second souffle dans sa carrière qui commençait à sentir le réchauffé.
Sous ces apparences simplistes, je souhaite que l'on puisse tirer quelque chose de ce film, même si cette fois j'imagine bien qu'il ne faudra pas y chercher de références hitchcockiennes...
Shyamalan est de plus en plus déprécié par ceux qui ne savent pas voir au-delà du récit. Bien qu'il n'y ait plus rien d'aussi fort que le 6e sens ou Signes, ses réalisations conservent un peu de pouvoir de séduction et de sophistication dans la mise en scène.