« L'agence tous risques »
Par Thomas Berthelon le vendredi, juillet 30 2010, 18:36 - Visionnages - Lien permanent

Ecouter aussi ma chronique radio dans l'émission « Supplément week-end » du samedi 26 juin 2010.
Un film de Joe Carnahan, avec Liam Neeson, Quinton Jackson, Bradley Cooper, Sharlto Copley, Jessica Biel.
Hannibal Smith et sa bande sont des soldats hors pair de la guerre en Irak. Le général en place les charge de récupérer des plaques de faux billets détenues par leurs ennemis, mais la mission est piégée et les membres de la bande sont emprisonnés pour un crime qu'ils n'ont pas commis. Décidés à prouver leur innocence, ils s'échappent et élaborent un plan.
Cerveau débranché ? Mirettes ouvertes ? La banane prête à apparaître sur le visage ? Si c'est le cas, ce film est pour vous. Par contre, inutile de chercher la moindre cohérence dans tout ce bazar. L'humour décalé des personnages et les aventures cartoon de la série sont bien présents dans le film de Carnahan, décomplexé au possible. Une évasion en pleine incinération, un tank piloté dans les airs, une séance d'UV qui se termine au bord d'un lac, plus c'est débile, mieux cela marche. Toutefois, les péripéties ne franchissent jamais la limite du n'importe quoi intégral et en gardent sous le champignon (il faut en laisser pour les suites).
Le film repose essentiellement sur le quatuor d'acteurs, absolument impeccables. Un Quinton Jackson dans la droite lignée de Mr. T, un Liam Neeson solide et malicieux, un Sharlto Copley (« District 9 ») moins fou-fou que son prédécesseur mais plus attendrissant, et un Bradley Cooper parfait en séducteur, volant presque la vedette à ses petits copains. Le métrage est surtout centré autour du binome Hannibal-Fûté, avec l'idée du passage de témoin en toile de fond. Il est certain que si l'équipe paraît soudée dans ce premier numéro, le scénario du deuxième verra s'opposer les deux hommes. On parie ?
Il ne faut pas crier non plus au grand film devant cette « Agence tous risques ». Le scénario n'est qu'un prétexte à aligner les scènes d'action et les petits moments de complicité entre les personnages. Le jeu du chat et de la souris entre Sosa, la bande des 4, et le loustique de la CIA a quelques ratés dans le moteur, et le dénouement nous laisse un peu sur notre faim, dans un style "tout ça pour ça, déjà fini ?"
Restent bien sûr quelques bons moments entre deux missions musclées, où les membres de l'équipe se taquinent et vaquent à leurs occupations : UV, barbecue décalé, entretien de la crête iroquoise, etc. Les clins d'oeil à la série sont assez nombreux, jusqu'à cette évasion spectaculaire de l'un des membres de la bande, où la jeep crève l'écran projetant... un épisode de la série originelle.
Cette A-Team abandonne donc la débrouille et les cerfs-volants transformés en lance-roquetttes, pour un esprit plus propre et plein de gros moyens. Dommage. Pour finir, l'ironie du film veut qu'il adapte finalement deux séries pour le prix d'une : le plan manigancé par l'équipe fait surtout penser à l'inventivité de ... Jim Phelbes, et donne un aperçu de ce qu'aurait pu rendre une adaptation fidèle de la série « Mission impossible », dont cette « Agence tous risques » est plus proche que les boursouflures avec Tom Cruise.

Commentaires
une adaptation plutôt fidèle à l'esprit de la série mais qui ne restera pas ds les mémoires non plus, la faute à un scénario quelconque, juste prétexte à toute une série de séquences d'action spectaculaires. Sympa mais vite oublié...