« Inglourious Basterds »
Par Thomas Berthelon le mercredi, septembre 30 2009, 18:14 - Visionnages - Lien permanent

Un film de Quentin Tarantino, avec Brad Pitt, Eli Roth, Christoph Waltz, Diane Kruger, Mélanie Laurent, Til Schweiger, Mike Meyers, mais aussi les voix de Harvey Keitel, Samuel L. Jackson.
Dans la France occupée, les nazis chient dans leur froc car le commando de batards juifs américains les zigouillent, les scalpent, et mutilent les survivants. Pendant ce temps, Goebbels doit présenter son nouveau court-métrage de propagande « La fierté de la Nation » dans le cinéma d'Emmanuelle, unique survivante du massacre de sa famille par l'odieux colonel Landa, le Chasseur de juifs. Tout ce petit monde va se retrouver dans le petit cinéma, y compris le fürher lui-même. Ca va trancher !
Avant toute chose, le premier élément marquant du film est qu'il est très très bavard. D'accord, nous sommes chez Tarantino, mais quand même. Que ceux qui s'attendaient à un film de dégommage de nazi en auront pour leurs frais. Comme toujours chez le réalisateur de « Pulp Fiction », l'histoire se découpe en petits segments, mais ici, pas de chapitre se passant avant mais placé après. Si toutes les petites histoires ne mettent pas en scène les fameux batards, le scénario se montre plus linéaire que les précédents films. En effet, on comprend vite que le film s'articule autour des batards (pour la partie hommage aux films de mission de guerre comme les « Douze salopards ») et de Shosanna (pour le drame de la famille juive, et la quête de vengeance d'une ancêtre de Beatrix Kido-la mariée), interprétée par une éblouissante Mélanie Laurent.
Tarantino orchestre une plongée dans la France occupée, où le mal personnifié Landa (énormissime Christoph Waltz) semble ne jamais rater ses proies. Les séquences de flingage des nazis sont bien sûr jubilatoires (« Heureusement que tu refuses de parler, nous allons te regarder te faire massacrer à la batte de baseball. Pour nous, c'est comme aller au cinoche ! »), mais trop courtes pour contrebalancer entièrement cette plongée étouffante au coeur de l'oppression nazie... jusqu'à cette conclusion explosive.
Le film frappe aussi par ces multiples clins d'oeil à l'histoire du cinéma, où chaque plan recèle un hommage à un genre cinématographique en particulier, de « King Kong » au cinéma d'alpinisme allemand, des réalisateurs italiens aux noms chantants aux métrages mettant en scène des officiers américains burnés. Par exemple, « Inglourious Basterds » débute au plan près comme « Le bon, la brute et le truand » de Sergio Leone : même musique, même dramaturgie, mêmes personnages. Sauf qu'ici, la brute ne vient pas honorer un contrat mais exterminer une famille juive planquée sous la maison. Cette introduction plante bien le décor, avec ce dialogue saisissant où les juifs sont comparés à des rats envers lesquels le paysan ne peut expliquer son dégoût. « Inglourious Basterds » commence donc comme un western spaghetti, puis entre dans l'univers du film de guerre, avec ses personnages à la Clark Gable (Brad Pitt et son accent de plouc sont très comiques), pour se terminer dans le plus vibrant hommage au cinéma.
De cinéma, il n'est question que de cela dans ce film. Déclaration d'amour géante au septième art, « Inglourious Basterds » se révèle peut-être moins fun et foutraque que ses métrages les plus populaires, et on sent honnêtement le temps passer, surtout sur la fin, mais les excellentes trouvailles de mise en scène (comme la projection du film pirate sur la fumée, ou la jolie surprise finale inexacte historiquement) et la sincérité habituelle de Tarantino procurent toujours autant de plaisir.

Commentaires
perso, il m'a un peu déçu: une fois de plus, je trouve ce film très bavard et Tarantino fait de nombreuses références à d'autres long métrages.
Finalement, il semble avoir du mal à réaliser son propre film. Je ne trouve pas ce bastards très surprenant même si je lui trouve certaines qualités.
Je ne vais pas y échapper, mon homme est fan de tarantino :)
Vu deux fois en deux jours, j’ai adoré, tout simplement. Un immense plaisir de le découvrir et ensuite de le revoir, même plus : une véritable jubilation… La façon dont le savant puzzle des personnages se met en place pour un final dantesque (la scène des « basterds » déguisés en Italiens est tout simplement énorme !)… Tous les acteurs sont excellents, même les seconds rôles ont une vraie gueule, une grande présence à l’écran grâce à de nombreux gros plans, comme par exemple tout le premier chapitre avec Denis Ménochet en Perrier LaPadite (seul le compagnon de Mélanie Laurent à l’écran, Jacky Ido interprétant Marcel, paraît un peu fade). Mention spéciale à Christoph Waltz qui crève l’écran en colonel Landa, Brad Pitt très juste et très drôle, Diane Kruger très convaincante en Allemande résistante et même le très colérique Martin Wuttke en horrible Hitler.
La réalisation, avec ce découpage par chapitres, est limpide et faussement simpliste car chaque partie est remplie de détails, flashbacks et autres apartés. Mais surtout c’est très drôle ! Un très grand Tarantino, pour moi le meilleur depuis Jacky Brown !
Encore plus enthousiaste que toi, ce film est pour moi un des grands moments ciné de l'année. Merci pour ton commentaire, je trouve ton blog très intéressant et je t'ai ajouté dans mes liens favoris.
on dit "en avoir pour ses frais" et non pas en "être pour ses frais"
;)
>Eelsolivier : oui, voilà, d'accord avec toi, je pense également que c'est un film à revoir.
>Khey : alors, verdict ? Tu l'as vu ?
>Ludo, Aaah, ça fait plaisir de voir enfin quelqu'un citer ce merveilleux "Jackie Brown".
>Alamissamoun : Chaque Tarantino constitue toujours l'un des grands moments de l'année de sa sortie, ça reste un toujours un régal même quand c'est en deça / Ben, de rien.
>Ben : Merci, c'est corrigé.