« L'expert »
Par Thomas Berthelon le lundi, mars 23 2009, 18:32 - Daubes - Lien permanent

Un film de Luis Llosa (1994), avec Sylvester Stallone, Sharon Stone, James Woods, Rod Steiger, Eric Roberts.
May Munro fait appel au tueur à gages Ray Quick, spécialisé en explosifs pour tuer les trois hommes qu'elle juge responsable de la mort de ses parents alors qu'elle était petite. Mais cette prise de contact est un piège imaginé par Ned Trent, un des hommes du parrain Joe Leone, afin de neutraliser Ray, son ex-coéquipier du temps où ils étaient agents de la CIA.
Réunir les deux superstars Sharon Stone et Sly dans le même film en 1994, cela avait quelque chose d'énorme. Putain, 14 ans déjà ! La belle alignait un thriller érotique par an, après « Basic Instinct » (1992) et « Sliver » (1993), avant de se frotter à d'autres genres avec les très bons « Mort ou vif » (1995) et « Casino » (1996). Le top de sa carrière, quoi. Sly, quant à lui, venait d'apparaître dans les burnés « Cliffhanger » (1993) et « Demolition Man » (1994), mais venait d'entamer sa fameuse trilogie de la bouse comprenant aussi « Judge Dredd » et le très regardable bien que mauvais « Assassins » (1995). En revoyant ce film aujourd'hui, on aurait tendance à oublier tous ces bons métrages, tant « L'expert » apparaît surtout comme un téléfilm de luxe. Cabotinage généralisé, abus des explosions, atmosphère érotique avec femme seule qui se caresse, mafieux odieux, bad guy obsédé par lui-même, boum, mort, méchant pas content, érotisme, puis re-boum et re-mort, méchant encore moins content, scène de sexe, trahison, re-boum, etc. Le summum, c'est cette séquence au bord du ridicule, où Sly, en pleine exercice le torse luisant et la mine concentrée et les sourcils de chiens battus, réécoute ses conversations avec la belle, entrecoupée de plan de Sharon Stone se caressant les cuisses et ouvrant la bouche. Mais je dirais que la principale attraction, c'est un James Woods complètement en roue libre. Son personnage donnant l'air d'être constamment sous l'emprise de cocaïne, il compose un ancien de la CIA s'emportant pour un rien, s'énervant après des "saletés de crabes" quand une explosion réduit à néant un immeuble sur le port. C'est le côté "tireur fou" du duo qu'il composait avec Ray pour la CIA, Ray restant le technicien sentimental. Autre temps fort du film, cette rencontre sous la douche entre une Sharon les seins à l'air et un Sly savonné précède le grand moment du seul contre tous. A peine informé du piège par la belle déjà au RDC de l'immeuble, Sly va trouver le temps de s'habiller, poser de l'explosif autour de la fenêtre, transformer le téléphone en émetteur, et balancer un méchant dans un bac d'huile bouillante avant de s'échapper tranquillou. Ne manquait plus que voir combattre Eric « Best of the best » Roberts (le frangin de Julia) dans sa période corps musclé, même si son faciès ne l'aidait déjà pas des masses. Ah oui, j'oubliais de préciser : le réalisateur Luis Llosa est aussi coupable du nanar « Anaconda » et du scénario de « Street fighter l'ultime combat », sorti la même année.

Commentaires
oui, une vraie daube: au passage merci de chroniquer ce film, tu dois être sûrement être le seul blog à proposer une critique de ce film.
Certes, à l'époque, réunir sharon stone et stallone, cela avait probablement de la gueule, mais comment ne pas avoir envie de sourire aujourd'hui?