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dimanche, février 5 2012

Angoulême 2012 : les photos (1/2)

Le Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême vient de se clôturer, et c'est Jean-Claude Denis qui a été proclamé Grand Prix de la Ville d'Angoulême, par un jury présidé par Art Spiegelman. Le 40ème festival se déroulera donc sous sa présidence. Comme chaque année, afin de vous faire profiter de cette 39ème édition, voici un retour en images sur ce que j'ai vu en Charente.

Mercredi après-midi : les dernières heures de montage des stands (ici, celui de Dargaud) :

Sur le stand d'Ankama, un coffre qui a de l'appétit :

L'entrée de la bulle Comics/Mangas :

Du « One Piece » à l'échelle 1 :

L'entrée de l'exposition sur l'humour dans les mangas. Un voyage à travers les sens : on entre par la bouche, on ressort par... un orifice accompagné d'un rouleau de papier toilette géant :

Le stand Panini et ses auteurs de comics en dédicaces :

Autour des univers de Captain America et Iron Man, une mini-exposition des oeuvres numériques de Ryan Meinerding, tirées sur toiles.

Je prends la pose aux côtés de Cap'. (photo © Da Scritch) :

Mais Tony Stark n'est pas loin (oui, je sais, je le prends en photo tous les ans) :

Commençons les hostilités par une interview de l'artiste taïwanais Chen Uen, avec Da Scritch au micro, et Aho Huang (Dala Publishing) à la traduction :

Mais direction l'espace presse à l'hôtel de ville, où les cartons d'invitation pour des soirées fleurissent :

Mais restons concentrés, nous devons préparer des interviews pour l'émission « Supplément week-end » : ici, le mangaka Atsushi Kaneko (« Bambi », « Soil ») :

Photo © Marie Fabbri :


...puis Francis Groux, co-fondateur du festival :

Baignée de lumière, Aurélia Aurita (« Fraise et Chocolat ») scrute attentivement le programme du festival :

Pour retourner aux "Bulles" des éditeurs, il faut descendre la rue Hergé, ici prise d'assaut par des militaires de Casterman :

Tiens, essayons la Inkling sur le stand Wacom, un ensemble capteur/stylet pour numériser des dessins réalisés sur des carnets.

Plus tard, je rejoins la soirée organisée par la délégation de Corée du Sud à l'espace MangAsie, pour promouvoir leur présence en force l'an prochain, sur le festival. Ici, la performance artistique de l'artiste Suk Jung-hyun.

Tiens, je me fais photographier à mon insu et me retrouve sur le site officiel du festival :

La soirée se termine par un buffet servi par un personnel des plus accueillants :

Mais le lendemain à midi, nous avons une émission radio à animer en direct du Conseil Général de la Charente (tandis que Da Scritch en finit avec les branchements et brandit son calepin de direct, je consulte les dernières infos sur le net et finalise un billet sur le site de notre partenaire ActuaBD) : (Photo © Enflammée)

A notre micro, c'est l'album « Les Mondes de Thorgal - Louve T1 : Raïssa » de Yann et Surzhenko (Le Lombard) qui reçoit le Prix 2012 ActuaBD/Conseil Général des Jeunes de Charente. Le jeune jury a la surprise de voir débarquer le dessinateur de la série originelle « Thorgal » : Grzegorz Rosiniski :

Le Coup de coeur du jury va à l'album « Doomboy » de Tony Sandoval (Editions Paquet), ici au micro, interviewé par l'éditeur adjoint d'ActuaBD, Didier Pasamonik :

Dernier jour et dernier restau. En attendant le plat, dessinons sur les nappes prévues à cet effet (au « Lieu-Dit ») : (Photo © Enflammée)

Je termine donc le séjour angoumoisin par un portrait de l'équipe d'ActuaBD présente sur le festival.

Mais voilà que le Burger Gourmet est arrivé. Bon appétit, et rendez-vous dans le prochain billet pour quelques images des expos. Concernant les interviews, je n'ai pas tout dévoilé, soyez nombreux à nous écouter sur Radio FMR 89.1 mhz à Toulouse, ou en podcast sur le site de l'émission. Et vous pouvez aussi suivre notre actu sur notre page Facebook.

dimanche, janvier 22 2012

« Star Wars Episode VII : Star Wars Kids »

Ecouter aussi ma chronique audio dans l'émission « Supplément week-end » du samedi 7 janvier 2012. Il s'agissait d'une chronique spéciale pour la 300ème édition. L'idée était de chroniquer une oeuvre que nous admirions, de la même manière que nous l'aurions chroniquée à l'époque de sa sortie. Ici, nous ne sommes finalement pas dans le passé, mais dans le futur...

Nous sommes le samedi 9 janvier 2027, et ça y est, on y est : George Lucas nous l'avait promis depuis quelques années : le grand retour de « Star Wars », avec enfin cette suite, les épisodes VII, VIII et IX, et il faut dire que pour ses 83 ans, le réalisateur est en forme.

Alors, même si au bout de toutes ces années, il n'a plus réalisé de films en dehors de la franchise « Star Wars »... rappelons : « Clone Wars Trilogy », « L'Odyssée de C3PO » avec pour l'instant quatre épisodes, le cross over « Harry Potter à l'école des Padawans » qui a quand même donné neuf films live, un reboot et une série animée !

Cette fois, il nous l'assure, il a réalisé suffisamment de films pour ses arrières petits-enfants, et veut enfin revenir aux vraies valeurs de la Force, retrouver l'essence de la trilogie originelle, qui a quand même connu pas moins de huit reliftings.

Mais le principal, c'est le film bien sûr, et l'apparition, vous n'êtes pas sans le savoir vu que les répliques garnissent les cours de récrés, ... des "Sabres Laser Pocket" ! Il s'agit d'armes... laser, toujours, mais de la taille de couteau, alors l'invention, c'est que cela peut faire aussi couteau suisse, cela revêt plusieurs formes, donc plusieurs objets à collectionner : quand je vous disais que Lucas était en forme !!

De plus, quelques indices l'introduisent dans ce septième épisode, mais on la verra surtout dans les deux suites, l'autre trouvaille, c'est : plus fort que la Force, la Méga Force !! Une dimension cachée du pouvoir des Jedis et des Siths, qu'on pourrait atteindre en se concentrant, mais il faudra attendre pour voir à quoi cela ressemble.

Le plus fort d'un point de vue marketting est le lancement de la nouvelle trilogie en même temps que les jouets de la gamme "Méga Force", où on peut se fighter avec des amis dans des mini laser quests dans les McDo, on peut customiser nos sabres lasers pockets en sélectionnant la couleur sur des écrans tactiles en temps réels, chaque couleur fait un pouvoir spécial : tirs explosifs, ouvres-sodas, feux d'artifice. Désolé, je vais un peu spoiler, mais c'est super fidèle au film, c'est exactement ce que fait le fils caché de Dark Maul quand il veut bricoler le pod d'un concurrent en le torpillant avec du chewing gum clignotant.

Vous l'aurez compris, visuellement, cela offre la part belle à un déferlement d'effets spéciaux, mais le script n'est pas en reste, puisque la dimension politique n'est pas oubliée, on assiste à une baston entre l'armée des huts, et l'armée des jawas, à celui qui fera la plus grosse armée de clones. Nous remarquons aussi le retour de quelques personnages emblématiques, puisque Jar Jar est devenu le nouveau chancelier, et c'est lui qui forme les triplés de Han et Leia au moonwalk à dos de droïdes, l'héritage de l'ordre des jedis passera donc par ce trio.

Bon, j'ai envie de dire pourquoi pas...

De son côté, sur Tatooine, Luke organise des courses de pods, en hommage à son père. Le fils de Boba Fett, Jumbo, est la racaille des courses. Donc ça se fritte un peu, et cela permet de donner un peu de piment à cette partie sportive. J'en vois qui rigolent, mais il ne faut pas oublier qu'en son temps, l'épisode I avait été décrié, avant d'être considéré aujourd'hui comme l'un des fleurons du genre, l'industrie du cinéma ayant évolué, les goûts actuels n'ont plus rien à voir avec ce qui se faisait il y a vingt ans.

Le casting surprend lui aussi, avec Justin Bieber dans le rôle de Luke, rajeuni grâce à la Force, et Miley Cyrus méconnaissable dans le rôle de la femme de Jar Jar, en contre-emploi, on va voir ce que cela donne sur la durée...

mardi, janvier 10 2012

Meilleurs Voeux !

Je vous adresse à tous, mes Meilleurs Voeux pour 2012. Bonheur et plénitude, équilibre. Avec la santé bien sûr. Respirez un grand coup, prenez du temps pour vous, pour mieux repartir.

lundi, janvier 2 2012

F-10145

Aujourd'hui, une aquarelle que j'ai griffonnée en 30 minutes pour mes étudiants en 3ème année d'école de 3D, pendant mon cours de storyboard, rappelant l'univers de leur film de fin d'étude.

jeudi, décembre 22 2011

Joyeux Noël à tous !

Tiens, je profite d'un rapide passage sur ce blog laissé à l'abandon pour vous souhaiter de joyeuses fêtes. D'ailleurs, voici un dessin que je n'avais étrangement pas posté ici, un Père Fouettard créé à l'époque pour le blog Drawmadaire.

vendredi, novembre 4 2011

« Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne » : un Tintin pas assez sale

Cet article a été publié en "Tribune Libre" sur le site ActuaBD.com

Tout d’abord, rappelons quel procédé a utilisé le réalisateur Steven Spielberg sur le film « Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne » : La technique de "cinéma virtuel" consiste à enregistrer les mouvements des comédiens sur une surface appelée le "Volume". Les mouvements sont ensuite transformés en données directement dans un ordinateur, SANS passer par la case caméra, puisqu’il n’y en a pas encore à ce stade. Le résultat final n’est donc pas un film d’animation, car même si certains éléments du décor (en fait, tout ce qui n’est pas "comédien") sont animés en 3D, les jeux d’acteurs sont le résultat de vrais mouvements enregistrés. Comme il l’a déjà été souligné ailleurs, on peut donc parler de film hybride.

Au final, ce que cherche le metteur en scène n’est pas le photo-réalisme, mais plutôt une liberté totale au niveau de la mise en scène. Car, une fois que les comédiens sont partis, mouvements et voix dans la boîte, le réalisateur peut commencer sa mise en scène et choisir ses valeurs de plans, décider quand couper ou livrer des plans-séquences, où et qui cadrer, créer ses atmosphère de A à Z, etc.

Comme l’ont reproché d’aucuns, le film « Les aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne » nous donne l’impression de nous retrouver dans un jeu vidéo, surtout au moment où la moto tyrolienne entre dans Bagghar à la fin du film. Mais plutôt que de parler de jeu vidéo comme si c’était une insulte, très loin de moi cette idée, c’est surtout de passation de pouvoir entre un Tintin, personnage vulnérable, et un Tintin simple avatar qu’il est question.

Il est vrai qu’on a ainsi l’impression de ne rien craindre pour le personnage principal, notre implication étant refroidie par cette fluidité de mouvement, cette sensation qu’il ne peut rien arriver à Tintin, alors que si on y réfléchit, ce qu’il fait est tout simplement suicidaire (une chute de plusieurs étages, une course contre une inondation au guidon d’un side-car, un saut dans le vide suspendu à un oiseau).

Cette surenchère, si elle témoigne d’une désinhibition totale sur le plan de la créativité, enrichie par une profondeur de champ hallucinante, provoque un sentiment de suspension de l’histoire, qui n’aurait pas le même effet avec des acteurs live car au lieu de sombrer dans un côté vidéo-ludique (tout nous ramène à l’artificialité du personnage), l’action mettrait en valeur la dimension opératique des mouvements des comédiens se déplaçant tels des danseurs (il suffit de se remémorer les descentes en rappel sur les murs des HLM dans le film « Time and Tide » de Tsui Hark, ou le plan séquence dans l’hôpital dans « À toute épreuve » de John Woo, pour citer deux cinéastes de l’apesanteur). (Ci-dessous : une discussion sous tension dans les entrailles du Karaboudjan)

Ainsi, Tintin et Haddock (enfin, moins Haddock, car son penchant pour la bouteille lui donne un surplus d’humanité organique) ne sont plus que marionnettes, jamais fatiguées, passant une partie incroyable du film à démolir tout et n’importe quoi (un mur, un barrage, un avion), échappant aux rafales de balles.

À cet égard, il faut remercier l’équipe du film de nous proposer une première moitié plus traditionnelle, où les balles font mal et les voitures renversent. Le point d’orgue étant le plus beau moment du film selon moi, lorsque Tintin et le capitaine doivent échapper aux sbires d’Alan dans les coursives du Karaboudjan. Alors, certes, cela ressemble à un jeu d’infiltration du type Metal Gear Solid (toujours cette analogie au jeu vidéo dont il est difficile de se débarrasser), ce qui n’est pas un mal car le jeu est un chef-d’œuvre, mais l’ambiance sombre, la claustrophobie ambiante, le roulis du bateau, et la fuite autant devant les hommes de main que devant les bouteilles d’alcool constituent un très grand moment de cinéma.

Mais alors, où le bât blesse-t-il, si des films comme « La Légende de Beowulf » de Robert Zemeckis dégagent un dynamisme et des personnages de guerriers à la présence certaine ? Parlons crûment : si ce film fut si réussi, en dehors de ses qualités cinématographiques, c’est parce que ses personnages étaient des bêtes de guerre et qu’il s’y passait pas mal de saloperies. La première raison justifie les exploits numériques de ses avatars, la seconde apporte une "salissure" non négligeable en rendant plus organique, plus rentre-dedans, une technologie tendant à aseptiser ses sujets. (Ci-dessous, une image extraite de l'adaptation vidéo-ludique sur PS3)

Je pense que la technique du cinéma virtuel, dont l’aspect numérique doit être contre-balancé par une dimension physique, voire presque animale des personnages, est inévitablement plombée par ce qui fait justement le sel des aventures de Tintin en bande dessinée : un aspect irréel, cette impression qu’il ne peut rien arriver à ce garçon pur. Or, la séquence de la poursuite du faucon, avec comme point d’orgue ce plan de la tyrolienne, nous montre du grand spectacle, mais nous perd instantanément par son caractère factice. Si l’on vibre pour Tintin dans la première partie du film (l’affaire du pick-poket, la fuite du Karaboudjan), c’est parce que les exploits du petit reporter restent à échelle humaine. Dès que le côté super-héros (et c’est aussi valable pour Milou et Haddock, également increvables dans le dernier acte du film) prend le dessus, le caractère angélique de Tintin rend le spectacle fade.

Pour son coup d’essai avec cette technique de cinéma virtuel, Steven Spielberg s’est certainement senti pousser les ailes en terme de mise en scène, et si son film propose quelques excellents moments de pur cinéma, les excès de la dernière partie m’ont gâché mon plaisir et font se clôturer l’ensemble dans une impression de grand n’importe quoi.

lundi, octobre 31 2011

Halloween en famille !

Une petite illustration pour Halloween, où je suis entouré comme il se doit par ma petite famille. Fait à l'aquarelle, ça faisait des lustres que je n'avais plus ressorti mes pinceaux !

samedi, octobre 29 2011

« Un heureux évènement »

Un film de Rémi Bezançon, avec Louise Bourgoin, Pio Marmaï, Josiane Balasko, Thierry Frémont, Firmine Richard, Daphné Bürki, Anaïs Croze.

Barbara est étudiante et travaille sur sa thèse de philo. Nicolas est vendeur dans un vidéo-club. Leur couple est au plus haut, ils mènent une vie insouciante. Le jour où Barbara accouche de Léa, ils font le dur apprentissage de la vie de parents, finies les heures passées devant la wii jusqu'à pas d'heure, les sorties entre copines, le boulot pépère, les heures de sommeil, la bonne humeur... Il faut trouver un logement plus grand, changer de boulot, et surtout tout remettre en question.

"Comment survivre à bébé" pour les Nuls. Voilà ce que pourrait être le sous-titre de ce film de Rémi Bezançon, car le genre exploité ressemble à du post-apocalyptique, sauf qu'à la place de la mort, les personnages principaux doivent survivre à la vie. Un propos soulevé dans la dernière réplique du film, sorte d'ultime pied de nez aux idées reçues, cette "plus belle chose au monde" qui vient tournebouler la vie tranquille et heureuse d'un couple moderne.

Bienvenue donc dans un film à bébé réaliste, loin des bleuettes rose bonbon. Place plutôt aux crises de panique, spleens en tous genres, baby blues et constats amers. On croirait un manuel pour tout futur parent : comment l'annoncer à sa mère, puis la gérer quand elle a un avis sur tout concernant le bébé, comment mener de front un épanouissement professionnel et les obligations du foyer (Ah ! Les ouvriers de Darty un dimanche matin), comment ré-apprendre à séduire l'autre... Vu sous l'angle de la comédie (on rit beaucoup), les (més)aventures de Barbara la littéraire et Nicolas le rêveur maladroit, ne sombrent ni dans le glauque (les situations, après tout, sont juste réalistes, ni plus ni moins) ni dans le monde des bisounours. Certaines répliques font mouche, comme dans cette scène où Nicolas explique à Barbara, allongés tous les deux, qu'il va devoir abandonner son boulot dans le vidéo-club pour un emploi en costard cravate afin de gagner plus. Elle : "Mais, et tes rêves de cinéma, toi qui voulais faire comme Tarantino, qui avait commencé dans un vidéo-club comme toi ?" Lui : "Ouais, mais il a pas d'enfant, Tarantino".

Porté par des acteurs épatants, des deux tourteraux jusqu'à la galaxie de personnages satellites (Balasko en grand-mère soixante-huitarde et Frémont en loser polygame en tête), « Un heureux évènement » se révèle à la fis touchant, drôle, plus grave, et promet un bon moment aux déjà parents qui se remémoreront des souvenirs la larme à l'oeil, et aux futurs parents qui prendront des notes.

vendredi, octobre 21 2011

« Drive »

Ecouter aussi ma chronique dans l'émission « Supplément Week-End » du samedi 15 octobre 2011.

Un film de Nicolas Winding Refn, avec Ryan Gosling, Bryan Cranston, Carey Mulligan, Albert Brooks, Ron Perlman.

Los Angeles, un pilote sans nom se fait payer en transportant des braqueurs. Seule condition : ne pas assister aux braquages. A part ça, il est cascadeur pour le cinéma, et bosse aussi dans un garage. Il fricote de plus en plus avec sa voisine craquante, mère d'un petit garçon, dont le père est sur le point de sortir de prison. Le quotidien du pilote se partage entre les errances nocturnes au volant en écoutant de la musique électro, et du bricolage dans le cambouis.

Mais sous ses airs d'autiste mutique, se cache un hyper violent à qui il ne faut pas se frotter.

Ce nouveau long-métrage de Nicolas Winding Refn (« Valhalla Rising », « Bronson ») est à ranger dans la catégorie des oeuvres vaporeuses, dans l'artistico-branchouille urbain (coucou Wong Kar Wai). Ce film traite de l'errance, une errance d'un homme comme hypnotisé par la route. Ne vous fiez pas à la bande-annonce, si vous vous attendez à du « Fast and furious », passez votre chemin. « Drive » est pourtant un film de braquage, et comporte deux séquences de poursuite automobile (la première est un sommet de tension et de maîtrise formelle, la seconde est plus classique et beaucoup plus énervée). Nous avons donc un film flirtant avec des conventions, celles du film de braquage, du film de mafieux, tout en tordant certaines règles au profit d'une approche plus arty.

« Drive » peut être considéré comme un film froid, mais n'est pas déshumanisé pour autant. Le triangle formé par le pilote, sa voisine et le garçon est sympathique, et même si l'utilisation du ralenti provoque une dilatation du temps, tout en induisant un sentiment de pleinitude pour le héros, et malgré des dialogues plus que réduits à l'essentiel, le metteur en scène arrive à faire passer une flopée de sentiments et d'impressions par l'utilisation du non dit et une maîtrise imparable du hors champ. La scène du dépannage sur le parking du supermarché, suivie de celle du verre d'eau, est à ce point exemplaire de cette volonté du réalisateur d'explorer la narration minimale, poursuivant l'expérimentation vers le muet déjà vue dans son opus précédent, dans un registre plus initiatique et barbare : « Valhalla Rising ».

Contraint de réduire son jeu au maximum, l'acteur Ryan Gosling donne au départ une impression de mollesse très désagréable, nous faisant craindre de nous coltiner près d'1h40 cet autiste. Mais la direction d'acteur du metteur en scène danois fait des prodiges, et la silhouette longiligne de Gosling, combinée avec sa blondeur diaphane, en font un personnage dépourvu de toute matérialité, traversant comme un fantôme cette histoire de valise de billets, meurtres sauvages, et règlements de compte, comme une entité n'ayant jamais existé. L'aspect fantômatique du personnage est d'ailleurs pointée du doigt dans l'une des dernières scènes du film, silencieuse, quand sa voisine tape à sa porte. Elle laisse la place à une conclusion en apesanteur, où le pilote, à cheval entre deux mondes, empoigne le volant dans une ultime virée.

Le territoire de ces errances, Los Angeles, est montrée comme rarement : des rues très larges étonnamment vides, seulement arpentées par des malfrats et des flics, et rappelle la démarche du réalisateur Michael Mann sur « Collateral », qui explorait la solitude de deux hommes dans un taxi. Navigant entre un univers nocturne mis en forme de manière arty, à base de ralentis et sans parole, et un monde de mafieux de jour, plus conventionnel et ultra-violent (le travail sur le son et les impacts de balles est saisissant), où un patron de pizzeria juif italien (Ron Perlman) offre au film son quota de dialogues, « Drive » joue sur ces deux univers pour décrire le personnage du pilote, et dresse un portrait en creux d'un homme vide, retrouvant une matérialité grâce à sa relation pourtant quasiment platonique avec sa voisine.

Un film surprenant, et ce dès son générique d'ouverture savoureusement décalé, lauréat d'un prix de la mise en scène à Cannes largement mérité.

mercredi, octobre 19 2011

« Real Steel »

Ecouter aussi ma chronique dans l'émission « Supplément week-end » du samedi 8 octobre 2011.

Charlie Kenton est routier, et fait la tournée des spectacles d'un genre nouveau : il commande à des robots par manette interposée, lors de combats de boxe où le métal froissé a remplacé la chair humaine. Loser patenté, ancien boxeur déchu, il a raté sa vie, mais lorsqu'on lui apprend que son ex est morte, laissant derrière elle son fils de 11 ans, il en profite pour... le vendre à son ex belle-soeur ! Sauf qu'on ne se débarrasse pas comme cela d'un gamin, et Charlie doit se le coltiner pour les vacances. Cela tombe bien, le petit est fan de combats de robots, et recueille une épave : le robot Atom. Contre l'avis de son père, il décide de le garder. A leur grande surprise, la machine se révèle très surprenante, et va gravir une à une les marches de la notoriété au fil des combats.

On aurait pu s'attendre à un délire geek, une suite d'affrontements de robots à la « Transformers », prétexte à un déluge d'effets spéciaux et de câbles qui flambent, filmés par une caméra virtuose mais véhiculant l'esbroufe. Que nenni ! Le film est avant tout une oeuvre tous publics, parlant surtout d'une relation père/fils très sympathique. A mi-chemin entre la comédie d'action et le genre "émotion", le film de Shawn Levy met particulièrement en valeur le duo Jackman/Goyo, deux têtes de mules se prenant le bec mais s'apportant mutuellement du positif.

Et contrairement à ce qu'on pourrait croire, le personnage en détresse n'est pas le gamin, mais bel et bien le père, au potentiel énorme mais en perdition car ne se faisant plus confiance, accumulant les échecs par attitude auto-destructrice. Les efforts conjugués de son fils et de sa petite amie (toujours aussi craquante mais trop discrète Evangelyne Lilly) re-propulsent Charlie sur le devant de la scène, avec en point d'orgue une séquence finale donnant les frissons.

Les éléments de science-fiction passent au second plan, et même au quinzième, tant les gadgets, écrans tactiles, et bricolages passent à la trappe au profit d'une trame plus humaine et accessible. Le film en cela est un tour de force, les effets spéciaux s'intègrent très naturellement, et rarement un métrage dit de science-fiction aura réussi à fondre ses effets visuels dans l'histoire. Alors certes, nous voyons beaucoup de robots, (à un moment, il n'y a même que cela à l'image), mais ce sont avant tout des personnages, pas des tours de force technologiques. Par exemple, une des meilleurs scènes voit Atom assis sur une chaise, attendant d'être commandé par Charlie, face à un miroir. Un léger traveling vient appuyer son regard dans le reflet, mais le réalisateur n'en rajoute pas. On a compris. Succint et efficace, à l'ancienne.

Sur la bonne vieille trame du combat de David contre Golliath, mettant en scène un gamin un peu geek sur les bords mais à l'obstination sans faille, « Real Steel » aligne les morceaux de bravoure d'Atom (certainement une référence directe au manga « Astro Boy » / « Tetsuwan Atom » d'Osamu Tezuka) au rythme de combats toujours plus tendus et spectaculaires, ponctués de chorégraphies d'entrée sur le ring très dansantes. Résultat : on sort de la séance avec la banane aux lèvres, boosté par l'énergie du film et le message optimiste qui, s'il n'invente rien, a au moins le mérite d'offrir une histoire touchante maquillée en oeuvre de SF puissante.

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